PLAN DU SITE :LEGUIDO10Sommaire . . . SOMMAIRE N° 10 . EDITO FOCUS: Festival Printemps des Alizés HISTOIRE: Mémoire d'un port HISTOIRE DE MOTS: Babouches BALADE: L'Ile Interdite INSTANTS SOUIRIS REPORTAGE: LES BIJOUX Des Artisans aux mains d'argent HISTOIRE DE RUES LA CUISINE MAROCAINE . . Edito Le Club très recherché des Amis d'Essaouira . . Essaouira a fait très fort ces dernières semaines, si l'on en juge par la chronique de plus en plus dense, des visiteurs de marque (et de charme) qui ont décidé de faire de la Cité des Alizés, l'étape obligée et privilégiée de leur parcours marocain. De Martine Aubry à Elisabeth Badinter et de la famille Mitterrand à Jacques Delors où à l'ancien Président du Conseil, Maurice Faure, la classe politique française a un tropisme souiri qui ne se dément pas. Le Ministre Jean-Louis Borlo et son épouse Béatrice Schonberg peuvent en témoigner eux qui régulièrement, viennent se ressourcer à Essaouira. Leurs collègues de Rabat ont aussi retrouvé le chemin de la Skala avec en tête de liste et au premier rang du hit-parade souiri, le Ministre Abderrahim Harouchi, fidèle parmi les fidèles, rejoint ces dernières semaines par Nabil Benabdallah, Habib El Malki et Si Mohamed Lyazghi ou Mohand Laenser. Le Club des Journalistes amis d'Essaouira, s'est également enrichi de l'intérêt que manifestent désormais Jean Daniel et son épouse, Jean-Pierre Elkabach et Nicole Avril, rejoints par une longue liste de journalistes anglo-saxons, italiens et par les tous derniers, des journalistes polonais dont c'était à la mi-mars la première expérience dans la Cité des Alizés. Enfin, last but not least, les Artistes, Musiciens, Chanteurs, Peintres et Cinéastes restent les plus engagés et les plus enthousiastes. D'Annie Lennox, chanteuse emblématique du groupe En-Rythmics à Eros Ramazzotti, l'idole des années 2000 en Italie, Essaouira continue de séduire. Marin Karmitz ou Albert Watson, le savent bien eux qui se font souvent les Ambassadeurs souiris les plus convaincants pour dire aux autres qu'il devient urgent de faire un tour du côté de la Skala. . Focus2 . PRINTEMPS DES ALIZES . Année Mozart certes mais se côtoieront aussi Schubert et le fameux quintette « la truite », Schumann, Beethoven, Dvorak, Boccherini et son « Fandango », Deux opéras : Celui baroque de Cavalli en costumes et instruments d'époques, et celui de Mozart « l'impresario » par des jeunes du conservatoire de Strasbourg. Mais aussi Bernstein, Délibes, Saint-Saëns, et en prime Astor Piazzola, Johann Strauss et Savved Darwich. Autres cultures, autres musiques sont programmées : les compositeurs arméniens Komitas et Babadjanian pour les amoureux de la musique andalouse et la nostalgique musique sépharade qui nous vient cette fois du nord de l'Europe avec un ensemble autrichien. Le Choeur des Trois cultures, né de la volonté et de l'engagement de la Fondation du même nom, formé de voix de différentes nationalités et religions, chantera des oeuvres en arabe, hébreu et latin. Dans la Halle aux grains, retentiront les échos du requiem de Mozart mais surtout de l'oeuvre de Carl Orff, Carmina Burana, unanimement saluée dans le monde entier, donnée dans une version originale pour pianos et percussions. La présence d'un ensemble vocal de jeunes Palestiniennes au Printemps Musical des Alizés, grâce au concours de bonnes volontés soucieuses du dialogue, s'inscrit dans cet esprit.Elle souligne combien aucune paix n'est possible sans le rétablissement d'un peuple dans ses droits légitimes. . Une telle présence montre à suffisance que la musique ne rapproche pas seulement des gens qui en sont férus, elle est aussi un instrument de dialogue qui facilite le contact et le dialogue entre des ennemis jurés. A ce titre les échanges du Printemps des alizés, comme d'autres à travers le monde, ont un rôle essentiel dans le monde violent et injuste d'aujourd'hui. (extrait du communiqué de presse du printemps des Alizés 2006) Plus que jamais, le Printemps des Alizés se veut un havre de paix, de tolérance et d'acceptation de l'autre, un modèle d'espérance contre la dérive meurtrière de l'humanité. Une fois encore, Essaouira accueille acteurs et spectateurs au Printemps musical des trois cultures, du dialogue et du partage afin de goûter, ensembles et sans frontières, aux joies de la musique. Inlassablement, envers et contre tout, encore et toujours notre cité entend mener un combat pacifique contre l'obscurantisme, par le rayonnement d'une culture universelle. . . Histoire.Port . . MEMOIRE D'UN PORT . Figure centrale et raison même de la ville, Essaouira n'existe pas sans son port. Miracle d'un emplacement un jour compris par les Phéniciens puis, des siècles plus tard, aménagé par décision royale et par la vision de son architecte. Porte océane de l'Afrique vers le reste du monde, le port concentre les échanges, draine des populations hétérogènes et attire successivement plusieurs types d'activités: commerce, conserverie, pêche, construction navale...Le site d'Essaouira sert d'escale aux Phéniciens dès le VIIe av. J.-C.La disposition naturelle de la rade, protégée par les îles, construite sur une pointe rocheuse entre Atlantique et dunes, forme un port de petites dimensions mais abordable en toutes saisons.Les Romains nomment ce site Tamusiga; il continuera plusieurs siècles d'exister, connu sous le nom d'Amogdul, dérivé du nom d'un saint local Sidi Mogdul. Il n'apparaît sur les cartes maritimes européennes qu'à partir du XIVe s. comme point côtier intéressant pour la navigation. Dom Manuel 1er, roi du Portugal, établit une tête de port commerciale et militaire dès le XVe s. qu'il baptise . Mogdoura, transformé par les Espagnols en Mogadour, puis enfin par les Français en Mogador. Il fait bâtir une forteresse en 1506, à l'entrée du port, le Castello Real, pour assurer la protection de la ville mais elle ne résiste pas longtemps aux combattants de la Guerre sainte. ll faudra attendre 1765 pour que naissent véritablement un port important et sa ville. Dès son accession au trône, le sultan Alaouite Sidi Mohammed Ben Abdallah décide de fonder lui-même une ville et de faire de ce port une base navale, qui reçut le nom d'Al-Suwaira. La construction de la ville, du port et des fortifications, dans le style des forteresses européennes est confiée à T. Cornut, captif du Maroc, architecte français renommé sous Louis XV. Le XVIIIe s. place Essaouira sous les signes de la croissance, du développement, de l'ouverture et de l'équilibre. La fondation même de cette cité témoigne du contexte historique de l'époque et des relations nouvelles engagées avec l'Europe. . . Port2 . MEMOIRE D'UN PORT . Le commerce, dès 1757, a été ouvert par le souverain «à la libre concurrence des pays européens». A la même époque, il interdit l'exportation des Noirs, en avance sur les pays d'Europe. Mohammed III oriente le Maroc vers la façade atlantique: il officialise les relations commerciales et enrichit le trésor par les recettes des douanes. Formé par un chenal, le port est assez sûr pour les navires moyens mais il manque de profondeur, s'ensable et manque de sûreté en hiver. Le Sultan choisit pourtant Essaouira. Entre 1773 et 1780, il interdit le commerce extérieur à Agadir, Fédala, Larache et favorise Essaouira en y abaissant les droits de douanes. Au début de l'ouverture du port, 15 bateaux viennent chaque année. En 1780, 12 maisons de commerce y sont établies, rassemblant près d'1 millier d'Européens. En 1798, 60 navires viennent mouiller à Essaouira. Port royal, la cité va progressivement assurer le commerce international du pays et devient le «port de Tombouctou». Les caravanes subsahariennes apportaient d'Afrique leurs produits à destination de l'Europe. . Durant la première partie du XIXe elle connut sa période la plus prospère en assurant près de la moitié des échanges maritimes, faisant d'elle le principal port du Maroc. En 1821, le port est toujours nettement en tête avec plus de 40% du trafic, suivi de Rabat et Salé, de Tétouan et de Tanger où résident désormais les consuls étrangers. Le 15 août 1844, après avoir bombardé Tanger, la marine française fait canonner la ville et le port d'Essaouira. L'histoire raconte que devant la violence du bombardement une grande partie de la population quitte la ville. Les soldats marocains s'inclinent. Le sultan Moulay Abderrahmane, furieux, fait raser la barbe, en représailles, à un groupe de caïds de l'armée. La seconde moitié du XIXe s. voit le début d'un lent déclin dans les échanges extérieurs. De sa fondation jusqu'au début du XXe s., Entre dunes et écume, Essaouira maintenait un équilibre, créait un lien entre les longues pistes caravanières et de grandes routes maritimes. De nos jours Essaouira demeure le 3e port sardinier du Maroc. . Histoire.de.mots . BABOUCHES Le saviez vous ? babuch, signifie escargots en arabe, ainsi quand vous mettez les pieds dans vos pantoufles, chaussons, mules, savates ou babouches, vous rentrez dans votre coquille ! Babouche, pantoufle orientale sans contrefort ni talon, a intégré la langue française courante dans le courant du XVI° siècle. Quelques extraits littéraires : Le mot apparaît en 1542 sous le terme papouch : sorte de chaussure orientale (A. GEUFFROY, Estat de la court du grand Turc éd. 1642) : « par quoy ils n'y entrent point avec leurs souliers mais les laissent à la porte, car ils sont aisés à chausser et deschausser comme nos pantoufles et les appellent Palmach : et ceux qu'ils portent aux champs et tiennent aux pieds comme les nostres, Papouch. » En 1600, (discours de la manière de vivre et cérémonies des Turcs, Liège d'après R. ARVEILLER dans Fr. mod., t.17, p. 12) « les souliers appelés Babucs. » En 1671, (Suite des Mémoires du Sr Bernier sur l'empire du Grand Mogol , Paris, 1671, t.2, p.5) « la chaleur oblige icy tout le monde (...) d'aller sans bas, avec de simples babouches ou pantoufles dans les pieds. » En 1813, (l'Hermite de la chaussée d'Antin, t.4, p.260 - JOUY) « En voyant les orientaux, sous un ciel brûlant, chargés de pelisses, de schalls, d'étoffes de toute espèce ; en remarquant leurs pieds qui jouent dans leurs babouches etc.... » En 1857, (Le roi des montagnes - p.35 - ABOUT) « La jeune athénienne était laide, comme les neuf dixièmes des filles d'Athènes. Elle avait de jolies dents et de beaux cheveux mais c'était tout. Sa taille épaisse semblait mal à l'aise dans un corset de Paris. Ses pieds arrondis en forme de fer à repasser devaient souffrir le supplice : ils étaient faits pour se traîner dans des babouches, et non pour se serrer dans des bottines de Meyer. » . HISTOIRE DE MOTS . BALADE . LES ILES PURPURAIRES . L'ILE INTERDITE.... OU PRESQUE Enfin, l'île inaccessible s'offre à nous ! Combien fois contemplée, si proche et si lointaine, avec, au gré des marées, l'impression pouvoir la toucher, la sentir, l'aborder ! Combien d'années où, monstre marin échoué, elle semble narguer le port qu'elle protège, toujours coiffée d'une capeline de goélands. Combien de matins où elle paraît à peine, noyée dans son nuage de brume, Combien de soirées à guetter le moment où auréolée du soleil couchant, elle disparaît pour mieux renaître. Combien de jours où l'on maudit ce fameux faucon d'Eléonore qui nous l'interdit ! Nous y voilà enfin ! Avant de pénétrer dans le port miniature, la barque longe l'escarpement rocheux et l'on aperçoit les ruines d'un fortin entouré de créneaux. Le soleil joue à cache-cache entre les rochers. L'étroit chemin que nous gravissons est jonché de vestiges dont les plus anciens remontent au 7° Siècle avant JC. Phéniciens, Grecs, Romains, Espagnols, Portugais, Français, tous l'ont investie et laissé leurs traces. Des fouilles archéologiques ont été . effectuées de 1950 à 1959. Sur une plage minuscule en contrebas, nos yeux s'arrêtent sur des fûts de canons rouillés jetés là lors d'un dernier assaut. Dans les rochers, à fleur de mer, les puits qui étaient destinés à la fabrication du GARUM, base de l'alimentation dans l'antiquité. L'île est couverte d'une végétation dense et rase où s'embrouillent les jambes. Partout, des terriers nous indiquent la présence de lapins sauvages dont les ancêtres ont été importés en 1941. Au-dessus de nos têtes les goélands crient leur colère d'être dérangés dans leur domaine. Le sommet de l'ancienne mosquée, vaillamment atteint, nous offre le spectacle éblouissant et méconnu de la cité blanche et bleue. De l'autre côté, quelques îlots, entourés de bateaux de pêche minuscules qui font une razzia de dorades, loups, saints pierre. En dessous de la mosquée, la prison à ciel ouvert, où venaient croupir toute sorte de renégats jusqu'en 1907. Un bastion toujours flanqué de canons, surplombe l'océan au Sud - ouest de l'île. Entre les créneaux se dessinent les contours du village de Diabat et l'embouchure de l'oued Ksob. La face cachée de l'île est moins escarpée, avec de petites anses blondes et brunes. En remontant vers le nord, fascinés par la mer dansante, nous trouvons d'autres ruines défendant l'entrée du port de Mogador, preuve s'il en est que l'île a toujours été gardienne de la cité. La difficulté du retour dans les broussailles est vite occultée par une vue magique sur les criques profondes et la ville d'Essaouira ! . . Instans.souiris . La ville change de visage. Ville miroir. Rêve et mer plus infinis encore. Submergée par des avalanches d'eau. La nuit durant le fracas de la mer s'efface sous celui de la pluie. Le matin, un ciel encore accablé par sa charge de colorations grises d'humidité et de lumière jaune. Apparitions du soleil et ondées alternent. Sur le bord des routes des petits lacs éphémères. Troncs d'eucalyptus, reflétés, jumelés. Je déambule. Je respire l'odeur du vent, une odeur trempée d'eau. Seuls les oiseaux occupent le rivage. A l'arrière de la plage, une petite mer insolite. Des parasols de paille, semblables à de petites danseuses immobiles face à l'océan. Le soleil irradie. Murs immaculés. L'océan a charrié une multitude de bois et de carapaces de tortues venus de l'oued. Des vagues aux teintes brunes roulent puis s'écrasent sur la grève ou explosent sur les rochers de l'île. Le vert tendre d'une pelouse inhabituelle intrigue au bout de la plage. Les rues, nappes liquides, sont des piscines rêvées, terrains de jeu improvisés. Les voitures accélèrent, éclaboussent. Les enfants sautent à pieds joints, pataugent, rient. Parfois les adultes aussi. La pluie est un sport. Enjamber, franchir, sauter, avancer en équilibre sur une planche, des cailloux, parpaings ou cartons. Trouver un passage. Chorégraphie spontanée. A chaque grondement de la foudre, les gens se terrent. Sur les souks, parapluies et djellaba-cirés fleurissent. L'orage inquiète. La pluie engendre un état jubilatoire. Un air arabo-andalou s'échappe, se mêle aux rumeurs de la ville. Les averses n'y changent rien. Les sons s'envolent, accompagnent les goélands dans leur danse sans fin. Sylvie Brignon . INSTANTS SOUIRIS . Bijoux . . Léon l'Africain, au XVIe siècle, indique que seuls les juifs étaient autorisés à travailler les métaux précieux, car pour les Musulmans le fait de vendre des objets d'or ou d'argent plus chers que le prix de leur poids de métal était considéré comme de l'usure, proscrite par l'Islam. L'artisanat des bijoux, citadins et ruraux, s'est particulièrement développé à Essaouira dans la seconde . DES ARTISANS AUX MAINS D'ARGENT . moitié du 18e siècle lors de la création de la ville par le Sultan, qui fit venir de nombreuses familles juives pour la peupler et y développer le commerce. Marchands et bijoutiers venaient s'approvisionner dans la ville. L'argent y était vendu sous forme de boules ou en poudre. La fabrication des bijoux a donc longtemps été au Maroc la spécialité d'artisans de confession juive jusqu'à ce que leurs communautés quittent le Maroc. Ils réalisaient la quasi-totalité des bijoux, produisaient les parures des tribus environnantes, selon des procédés et des formes adoptés par chaque groupe et excellaient dans la décoration des armes. Les bijoux, en or ou en argent, sertis de pierres précieuses ou de perles, sont un complément essentiel du costume. Leur port ainsi que leur agencement sur le corps sont très codifiés. Autrefois, et encore actuellement dans certaines régions, ils permettaient de reconnaître l'origine géographique ou tribale de ceux qui les portaient et sont un mode fréquent de thésaurisation. Ils possèdent ordinairement une valeur magique et prophylactique liée à la forme, au symbole et à la matière. Le bijou joue un rôle essentiel dans la vie sociale, essentiellement féminine. On porte les bracelets et les fibules de sa tribu comme un chevalier portait sur son bouclier le blason de sa maison : ils sont les signes d'une appartenance communautaire. Les bijoux citadins, en or ou en argent doré finement ciselés, martelés ajourés, filigranés, rehaussés de pierres ou de perles, rappellent les bijoux de l'Andalousie médiévale. Les bijoux ruraux ou berbères, typiques du sud marocain, aux motifs plus austères mais de formes très variées sont des parures d'argent, parfois de bronze: lourds colliers, bracelets de cheville ou de bras, bagues, fibules, diadèmes, boucles d'oreille, ceintures imposantes. On relève dans la bijouterie berbère la trace d'anciennes traditions méditerranéennes transmises par les caravanes et les comptoirs carthaginois et romains, associées à une influence sub-saharienne. Ces bijoux sont ciselés, niellés ou émaillés et rehaussés par des cabochons, des coquillages, du corail, de l'ambre ou des pièces de monnaie. Les figures géométriques d'une exceptionnelle pureté de lignes, en constituent les principaux motifs. La femme berbère est la gardienne des traditions : son vêtement est demeuré le simple drapé uniquement agrafé sur la poitrine par des fibules, bijoux utilitaires et protecteurs essentiels. . Bijoux2 . DES ARTISANS AUX MAINS D'ARGENT . Les modèles évoluent dans le temps selon les modes et les inspirations des artisans. Une valeur symbolique s'attache aux bijoux. Il faut se préserver des forces du mal, conjurer le mauvais sort ou se ménager les influences bénéfiques. Deux porte-bonheur prédominent : la « Khamsa » ou « main protectrice » (elle préserve du mauvais sort qui peut être jeté en étendant la main) et la fibule. Ces deux bijoux peuvent présenter des motifs décoratifs extrêmement divers en fonction des régions, eux-mêmes porte bonheur tels que la salamandre, la tortue, la spirale de la vie, l'arbre de vie ou la croix. A Essaouira la symétrie est de règle dans l'ornementation mais les dessins floraux de l'expression citadine y sont largement exploités : décors d'oiseaux, de serpents ou de crapauds stylisés, arabesques, motifs floraux ou géométriques s'entremêlent harmonieusement. L'art de l'orfèvrerie fait appel à des techniques séculaires. La fabrication restant le plus souvent traditionnelle, c'est près d'une simple forge dans laquelle les braises sont rougies par un petit soufflet, que les bijoux sont travaillés avec art sur une minuscule enclume. Les artisans achètent le métal précieux en plaques. Chaque création doit être présentée au service des douanes qui contrôle la qualité des matériaux par des tests chimiques. Les bijoux or et les bijoux argent sont alors poinçonnés. Ces poinçons sont propriété de l'état marocain. Le commerçant s'acquitte d'une taxe en échange de ce service. Toutes les pièces réalisées en or sont frappées d'un poinçon en forme de tête de mulet. Si le poinçon est une tête de gazelle, il s'agit d'un bijou avec une faible teneur en or pur. Les bijoux en argent frappés du poinçon 925 ou d'une tête de vautour sont des bijoux d'importation fabriqués pour la plupart en Inde ou au Niger, comme 90 % des parures. Les bijoux en argent fabriqués au Maroc sont marqués d'un poinçon représentant une tête de vache, de bélier, d'aigle etc., selon son pourcentage d'argent. Un bijou en argent poinçonné avec une tête de bélier a une faible teneur en métal précieux. La quasi-totalité des bijoux en argent fabriqués au Maroc n'a pas de poinçons. Les pièces sont généralement crées par de petits artisans qui ne font pas poinçonner leur travail pour éviter de payer la taxe d'état. En garantie, il est nécessaire alors de demander un test à l'acide. Le métal vil disparaît sous l'effet de l'acide, l'argent reste. . Les.rues . Entrons dans la médina par la porte dite Bab Sbaa, la porte de la 'nouvelle casbah'. C'était le centre administratif de la cité; Il a été construit en 1866 (1287H) par le sultan Moulay Mohamed Ben Abderrahmane. Autrefois, chaque matin, les chargés d'entretien étaient obligés, avant d'ouvrir la porte d'enlever les tas de sable déposés la nuit par les vents. Cette opération de nettoyage durait des heures et des heures et les commerçants, venus d'un peu partout, étaient astreints d'attendre la fin des travaux de balayage. *La Rue du Caire ou Derb El casbah El jadida.Commencée 1860, sa construction fut terminée 1866. On y trouve aujourd'hui l'Office du Tourisme, Le siège de l'Association Mogador, DAR SOUIRI, et la nouvelle agence de la RAM. *A gauche, la rue Mohamed Ben Massoud ou Rue de Belgique sous le protectorat. Cet homme était chargé de la surveillance de la porte de l'ancienne casbah; pour la désigner les gens lui avaient attribué le nom de son gardien. *l'Avenue OQBA Ibn NAFIAA est restée pour tous le Méchouar, qui signifie le lieu de résidence de toute la cour, des serviteurs, des gardes, du Palais ...... . . HISTOIRE DE RUES . . . * A droite, l'arc de triomphe à trois arcades, couramment appelé Les Trois Portes: le cruel Caïd Anflous y avait fait accrocher des têtes coupées en 1906! * l'Avenue de l'ISTIQAL ou Zenkat HADDADA regroupait tous les forgerons (haddad) de la ville. Elle fut rebaptisée Rue Franchet d'Esperey sous le Protectorat qui avait tenté de la transformer en gare routière. *la véritable Bab Sbaa ou porte du lion garde l'entrée de l'ancienne casbah et de la délicieuse Place Chefchaouen. L'horloge qui la domine a été construite en 1912. *La promenade se continue dans la rue El Hajjali , autrefois dite Derb el Cadi car les services du juge notarial y étaient installés. Nous sommes au coeur de l'ancienne casbah! Elle nous amène directement à : *La Place Moulay Hassan, place de Cheyla sous le protectorat, durant lequel elle abritait une caserne du même nom. Il ne reste rien ou presque de Derb el casbah qdima . Seule résiste aux morsures du temps la mosquée Sidi Mohamed Ben Abdellah. Vers 1635, c'est à dire plus d'un siècle avant la construction de la ville, un voyageur Européen aurait visité cet endroit; il racontait qu'il avait été très bien reçu par les Juifs de la casbah. S'agirait-il d'une casbah bien plus ancienne qui se situerait sous l'actuelle? . Focus . PRINTEMPS DES ALIZES . Grâce à la Fondation des Trois cultures, pour la cinquième fois, le printemps arrive à Essaouira dans une harmonie parfaite entre la douceur du temps et celle de la musique. Visiteurs et Souiris réunis pourront apprécier, retrouver ou découvrir les répertoires des grands classiques et l'alliance des cultures dont Essaouira a fait son leitmotiv. RETROSPECTIVE Le Printemps des Alizés a vu le jour en 2001, et si bon nombre des musiciens étaient amateurs, l'engouement des mélomanes marocains ou étrangers a été immédiat. Pour la première fois des concerts de « musique de chambre » étaient offerts à un public de tout âge, dans un cadre magique. Forts de ce premier succès, les organisateurs mettaient en scène en 2002 un des meilleurs violonistes du monde, le Coréen Dong Suk Kang ainsi qu'un violoncelliste européen des plus réputé, Philippe MULLER. Le grand spécialiste de musique ancienne, le Norvégien Rolf Lislevand et le Français Pascal Devoyon, lauréat du Concours Tchaïkovski trouvaient un accueil étonnant de la part du public d'Essaouira. Enfin un hommage émouvant à la tolérance, symbole d'Essaouira était rendu par le trio Hélène Delavaud , Suzan Manoff et Marie-Christine Barrault et surtout la représentation du palestinien Salem Abboud dans l'église de la ville. . Outre sa renommée, l'organisation du Festival a pour retombée, en 2002, la mise en place à Rabat, d'une Académie de musique contribuant à la formation de jeunes marocains par les meilleurs professeurs européens. Elle s'enrichit en 2003 de cours de musique de chambre, luth, et technique vocale, et la qualité indiscutable de son enseignement est attestée par son ouverture aux étudiants étrangers. Grâce à l'Académie, un Festival « Jeunes Talents » (en plein air) est désormais mis en place à Essaouira. Il produit chaque été les stagiaires sélectionnés à cet effet. PROGRAMMATION Cette année encore, une programmation riche et variée fera la part belle aux virtuoses venus du monde entier et aux jeunes musiciens et chanteurs à l'avenir prometteur, dont le Printemps des Alizés s'est fait la passerelle la plus prisée, empruntée par toutes les musiques réunies à Essaouira. . . Cuisine . LA CHERMOULA DE POISSON La chermoula est la préparation de base pour assaisonner la plupart des poissons dans les recettes marocaines, qu'ils soient frits, cuits en tajines avec des légumes ou bien farcis et cuits au four. Elle peut se préparer d'avance et se conserver dans un bocal au réfrigérateur. Ingrédients : 1 gros bouquet de coriandre, sel, 4 gousses d'ail,1/2 verre à thé d'eau 2 cuillerée à soupe de piment doux, 1/2 cuillerée à café de piment fort (selon goût), 1 cuillerée à soupe de cumin, 2 cuillerée à soupe d'huile d'olives Préparation : Piler la coriandre au mortier ( ou au mixer) avec le sel et l'ail et mélanger dans un plat creux avec le piment doux, le piment fort, le cumin, le jus de citron, l'eau et l'huile d'olives. Choisir une belle pièce, pageot, daurade, loup, selon le nombre de convives. L'entailler légèrement sur le dos et faire mariner dans une partie de la chermoula au moins deux heures; Couper un bon kg de pommes de terre en rondelles, les étaler dans un plat à four, placer le poisson bien mariné sur ce «lit» de pommes de terre. Laver et couper en deux 1kg de tomates, les épépiner, réserver leur jus. . CUISINE MAROCAINE . . Placer les tranches de tomates sur le poisson et tout autour. Ajouter 3 ou 4 poivrons grillés, épluchés, et coupés en deux dans le sens de la longueur. Verser la chermoula restante, le jus de tomate et une louche d'huile sur la préparation. Saupoudrer le tout de persil haché, de sel fin et de poivre. Faire cuire à four modérément chaud, selon le poids. Arroser de temps à autre le poisson de son jus. Lorsque le poisson est presque cuit, verser le jus dans une casserole et laisser réduire jusqu'à l'obtention d'une sauce moelleuse. Servir très chaud, accompagné de la sauce. . |