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LEGUIDO6:
SOMMAIRE Numéro 6 - Décembre 2003 EDITO Le Ramadan s'achève dans tous les pays
musulmans, chacun avec ses particularités. L'ambiance était à la fête, à la ferveur.
Cette époque lunaire, chaque année de l'Hégire renouvelée, laisse parfois les
étrangers dans le questionnement. Ce numéro, sans être un "spécial Ramadan" tentera
de donner une idée de cette occasion de dévotion, de réjouissances bigarrées.
Le rythme de la vie, dans les rues et les maisons reprend ; artisans, commerçants,
brocanteurs, la population entière reste identique à elle-même, accueillante,
chaleureuse. Le Guido continue pour vous d'explorer les multiples facettes de
cette cité et ses spécificités, les occasions de découverte demeurant toujours
nombreuses. Les Insolites de Marrakech BALADE DANS ESSAOUIRA De l'insolite, du
curieux, de l'étonnant… Lieux peu connus, mal ou méconnus des touristes ou des
résidents étrangers.? MARRAKECH: Les sept saints de Marrakech Sidi Bel Abbès:
enterré au cimetière de sidi Marouk, près de la mosquée construite en son honneur,
c'est le grand patron de la ville... L'Art ALMOHADE Les Almohades furent de grands
bâtisseurs. Construits en pierre, leurs monuments imposants ont résisté au temps,
en particulier à Marrakech, Rabat et Séville. Héritiers des traditions architecturales
et artistiques d'Al-Andalus, les monuments almohades se caractérisent par une
sobriété dans la décoration, une prédominance de la rigueur géométrique et une
réduction des espaces ornés de motifs floraux... GNAOUA AISSAOUA La ville du Sultan
Sidi Mohamed Ben Abdallah était devenue un carrefour de cultures: arabo-musulmane,
imazighen (berbère), juive, africaine et occidentale... HISTOIRE, d'une religion,
de mots... Les 5 piliers de l’Islam: La "Shahada" La prière Le pèlerinage L'aumône
Le jeûne Festival international DU FILM DE MARRAKECH Du 3 au 8 octobre 2003, la
ville impériale du Sud marocain a vibré au rythme du cinéma, des films projetés
et des nombreuses personnalités invitées... En Bref Nouvelles du Maroc Vu dans
la presse LES ASSOCIATIONS AFME COURS D'ARABE DIALECTAL L'Alliance Franco-Marocaine
d'Essaouira propose des cours d'arabe dialectal à partir du mois de janvier prochain.
Ils seront organisés en module de 40 heures sur trois trimestres, à raison de
4 heures de cours par semaine, deux niveaux sont proposés, Grand débutant et Intermédiaire.
Le tarif pour un module de 40 heures est de 1420dhs (inclus l'adhésion obligatoire
à l'AFME). Renseignements et inscriptions au bureau de l'AFME. ATELIER DE CALLIGRAPHIE
Les cours sont dispensés par MOHAMMED EL MOUNTASSIR, professeur d'Art plastique,
peintre et calligraphe. Après un aperçu historique de cet art, le professeur exercera
les apprenants aux techniques de la calligraphie. Tarif: 700 dhs pour l'année
(46h). COURS DE FRANCAIS (FLE) L'AFME organise des sessions de cours de Français
en alphabétisation et grand débutant de février à juin 2004. Les cours s'adressent
aux enfants, adolescents et adultes, aucun niveau de français n'est requis. Le
tarif pour 54 heures d'enseignement est de 800 dirhams pour la session avec la
possibilité de payer en 2 fois. Renseignements et inscriptions à partir du 24
novembre de 9h00 à 13h00 au bureau de l'AFME. Alliance franco-Marocaine d'Essaouira
Dar Souiri - 10, rue du Caire - 44 000 Essaouira Tél./Fax. : 044 47 25 93 E-mail
: cours-afme@menara.ma HISTOIRE Le Guido Nro 6 .....d’une religion - La "Shahada":
c'est la profession de foi du Musulman et la "clé du Paradis": "J'atteste qu'il
n'y a d'autre divinité que Dieu; j'atteste que Mohammed est l'Apôtre de Dieu".
Les 5 piliers de l’Islam: - La prière: 5 fois par jour (à l'aube, vers midi, l'après-midi,
après le coucher du soleil, à la nuit) le Musulman fait la prière, le visage tourné
vers la mecque - Le pèlerinage: une fois dans sa vie, le musulman qui en a les
moyens doit se rendre à la Mecque - L'aumône légale: le Musulman doit prendre
sur ses biens de quoi aider les indigents. La "Shahada" La prière Le pèlerinage
L'aumône Le jeûne - Le jeûne du mois de Ramadan: il s'agit d'un jeûne diurne,
tout au long du mois lunaire de Ramadan, neuvième mois du calendrier islamique.
Il doit être absolu depuis que l'aube permet de distinguer "le fil blanc du fil
noir" et jusqu'à la nuit. Pour que le jeûne soit valide, il faut en formuler l'intention
et s'abstenir avec soin de tout ce qui pourrait le rompre. Tout au long du mois
de Ramadan, la vie sociale revêt donc une note spécifique. De l'aube au coucher
du soleil, la vie sociale est comme suspendue. Sans doute, les nuits du Ramadan
sont parfois l'occasion de réjouissances. Mais on enseigne qu'il ne faut pas dormir
durant le jour, qu'il faut rester sobre la nuit, et ne pas manger ou boire avec
avidité dès le coucher du soleil, si l'on veut que le jeûne garde son vrai sens
qui est de combattre les passions et de rapprocher l'âme de Dieu. Le choix du
mois de Ramadan souligne cette valeur, car c'est le mois "durant lequel la Révélation
est descendue comme Direction pour les hommes". C'est donc comme la fête du Coran
qui est célébrée, et ces 28 ou 29 jours de jeûne deviennent une longue commémoration
de la descente du Livre. La date culminante est l'une des nuits de la dernière
décade, de préférence la nuit du 26e au 27e jour. C'est laylat al-qadr, "la nuit
de la Destinée". .....de mots Ramadan est emprunté (1441) à l'arabe ramadan, nom
du neuvième mois de l'année de l'Hégire pendant lequel les musulmans doivent s'astreindre
au jeûne entre le lever et le coucher du soleil. RAMADAN - RAMDAM Ce mot vient
de la racine du verbe ramida "être chauffé par le soleil", "être chaud", parce
qu'à l'époque où il fut adopté, le mois du ramadan correspondait à l'époque des
fortes chaleurs d'été (ce qui n'est plus le cas, l'année musulmane étant une année
lunaire sans intercalation, le mois passant successivement par toutes les saisons).
Le mot, prononcé par les Persans et les Turcs ramazan, a fourni les variantes
ramasan (1542), ramazan (1624), à propos des musulmans d'Orient. Ramadan désigne
donc le neuvième mois des musulmans et, par métonymie, les prescriptions religieuses,
comparables à celle du carême chrétien d'autrefois (observer, faire le ramadan).
Ramadan a donné, avec changement de graphie et reprise de la prononciation dialectale
(d'Algérie) ramdan, RAMDAM (1890), mot familier pour "tapage", par allusion à
la vie nocturne bruyante du ramadan. Par extension, il s'est dit pour "désordre,
évènement brutal" (argot des Poilus) et, dans l'argot des prostituées (1918),
pour "amour physique" (aller au ramdam, faire ramdam); les extensions traduisent
l'emploi du mot par les soldats de l'armée d'Algérie, puis par toute l'armée.
Un développement sémantique analogue se rencontre dans le provençal ramadan qui
se dit du tapage que font les chats pendant la nuit (quelque fois déformé en roumedan)
et du hurlement des loups dans la montagne. D'après Alain Rey, Dictionnaire historique
de la langue française, Le Robert. Les noms de Dieu dans les prénoms masculins:
Dieu a 99 noms ou qualificatifs: Le Tout-Puissant, Le Généreux, Le Vainqueur…
Les prénoms reprennent ces qualificatifs les faisant précéder de l'expression
"Abd el" ("Serviteur" ou "Esclave de"). Abd el-Kader: Serviteur du Tout-Puissant
Abd el-Krim: Serviteur du Généreux Abd el-Nasser: Serviteur du Vainqueur Balades...
...DANS ESSAOUIRA Le Guido Nro 6 De l'insolite, du curieux, de l'étonnant… Lieux
peu connus, mal ou méconnus des touristes ou des résidents étrangers.? Il en reste
toujours à découvrir! Un dimanche où l'on n'a pas envie de quitter la ville…quoi
faire? Chercher et trouver du pittoresque. Laisser nos pas nous mener au nord
de la médina, sortir par Bab Doukkala, longer les cimetières et les entrepôts,
à pied ou en carriole, et gagner le marché à la brocante. Les souiri y ont leurs
habitudes, se délectent d'aller marchander, acheter, vendre, discuter avec l'ami,
explorer et fouiller, de la même manière que le font savoureusement les européens
dans les vide- greniers des villes et villages. Tout et rien se vend, se fabrique,
se troque… Curiosités, brocante de tout style, vêtements usagés, ustensiles de
cuisine, objet ménager, clous, téléviseur sans parole et sans image, tables sans
pieds, chaises sans assise, amas de ferraille, petits bouts de ficelle ne pouvant
servir à rien mais…L'objet rare se cache, il faut le débusquer. Ce marché aux
puces est le plus animé le dimanche matin, dès les premières heures de la journée.
Les lieux sont imprégnés de l'humidité et des odeurs venues de la mer toute proche.
Brocanteurs "professionnels" installés à plein temps dans des cahutes de fortune,
brocanteurs occasionnels, sculpteurs sur bois ou sur pierre, réparateurs de tout,
peintres, pêcheurs de pousse-pieds. Ces multiples activités se côtoient dans un
joyeux brouhaha, dans la poussière et les cris; boutiques faites de bric et de
broc, simple étalage à même la terre, petites constructions de fortune. Il ne
sera pas rare que l'on vous propose un verre de thé pour commencer la journée.
Pénétrer dans le marché, prendre le temps de regarder, chercher et peut être trouver,
aller jusqu'au fond à gauche ; un alignement de petites pièces dans lesquelles
sont installés, pêcheurs, sculpteurs…Du fond sur le bord des rochers profiter
de la vue sur les remparts de la cité et le quartier des Beni-Antar. Quelque part
sur la gauche, un petit panonceau coloré indique "Ici Baki peint"; Baki est là
qui vous attend dans son abri-maison-atelier de fortune constitué de contre plaqué,
de cartons, de tôles… toujours avec son sourire. Il vous fera les honneurs de
ses dernières peintures faites sur bois de récupération, étagères, armoires, miroirs
fabriqués toujours avec des matériaux de récupération et peints gaiement. Dans
une allée derrière, vous trouverez l'atelier d'un sculpteur: il réalise sur commande
maquettes de bateaux ou pierres sculptées selon ses envies ou les vôtres (copies
d'anciens, il a des modèles sur affiches pour s'aider!). Une fin d'après midi?
Rester dans la médina de la ville haute en couleurs et se laisser envahir par
l'animation des souks alimentaires ou aller faire le curieux, observateur ou chercheur
de trésors, d'objets rares! Tous les jours à côté du marché aux grains, vers 16
ou 17 heures, a lieu une vente à la criée. On y vend de tout, selon des règles
précises, immuables depuis des dizaines d'années. Le "commissaire-priseur", figure
locale connue de tous depuis de longues années, tourne au centre de la foule et
des objets à vendre amassés, pour proposer objets insolites ou belles pièces d'antiquité
ou de brocante (plus rares!). Dès le milieu de la matinée les objets sont exposés
et chacun peut y venir en repérage. Il est possible de finir sa journée-brocante,
en allant le soir dans une ruelle, juste derrière le marché aux grains du souk
Jdid. Un passage débouche sur un terrain vague: c'est au tour des femmes de vendre
leurs biens personnels. Venues de la ville ou des villages avoisinants elles proposent
aux clients vêtements, chaussures ou bijoux. Une partie de la vie des habitants
de la région s'articule autour de ces marchés parallèles d'échanges en tout genre.
Ces activités s'accroissent plus encore en période de fête pour pouvoir acheter
cadeaux et produits nécessaires à la confection de recettes de cuisine plus élaborées.
MARRAKECH Le Guido Nro 6 Les sept saints de Marrakech 1 - Sidi Bel Abbès: enterré
au cimetière de sidi Marouk, près de la mosquée construite en son honneur, c'est
le grand patron de la ville. Né à Ceuta en 1130, il fut une sorte de Saint Martin
qui faisait des miracles sur la colline du Gueliz. Libre prêcheur, il partageait
ses vêtements avec les miséreux et s'intéressa tout particulièrement à l'amélioration
du sort des aveugles, les installant autour de sa maison qui devint la cité des
aveugles. Sa zaouia a une réputation de sainteté et est presque aussi vénérée
que celle de Moulay Idriss à Fès. 2 - Sidi Youssef Ben Ali: lépreux et sorte de
Job marocain. Son tombeau est situé dans la crypte du mausolée construit par les
Saadiens au XVIe siècle. Il attire toujours un grand nombre de fidèles sensibles
à sa Baraka aux pouvoirs d'intercessions innombrables. 3 - Caïd Ayad (1083-1149):
d'une grande culture théologique, auteur d'une biographie sur Mahomet, très célèbre
pendant des siècles. 4 - Mohammed Ben Slimane El Jazouli: grand mystique du XIVe
siècle. 5 - Sidi Abdelaziz (mort en 1508) modèle de sciences et de vertu. 6 -
Moulay El Ksour (Sidi Abdallah El Ghezaouani) mort en 1528. 7 - Imam Es Soheili
(mort en 1185) vieil érudit ramené d'Espagne. Histoire romancée… Almoravide issu
des durs guerriers "Sanhadja au voile", accoutumés aux immensités désertes du
Sud, Youssef ben Tachfine ne concevait pas de plus beau paysage que celui d'une
palmeraie fournie où, dans l'ombre des panaches haut perchés, des eaux vivent
couraient entre les colonnades des fûts écailleux. …roman historique C'était un
rude capitaine. Il avait conduit ses armées à travers le Maghrib, abattant toute
les résistances et réduisant jusqu'aux farouches Berghouata eux-mêmes. De conquête
en conquête, il avait établi sa domination des rives de l'Atlantique jusqu'à Achir,
l'ancienne et terrienne ancêtre d'Alger. Songeant au repos, il était retourné
vers le Sud pour y retrouver cette oasis qui lui avait paru si merveilleuse, au
pied des premières pentes du grand Atlas dont les cimes aux neiges constantes
se découpaient très haut dans l'azur incomparablement limpide du ciel présaharien.
Il voulait y établir sa capitale qu'il nommerait Marrakech. Dès que le camp avait
été dressé, des foules d'esclaves avaient commencé à édifier une immense enceinte
de pisé aux murs épais. Des artisans avaient entrepris en même temps, la construction
d'un "tirremt °", sorte de château fort carré avec quatre tours d'angles aux parois
obliques, qui dominaient d'assez haut les courtines crénelées. Déjà, le rassemblement
imposant des travailleurs et des guerriers avait provoqué la venue en nombre de
marchands, qui s'étaient établis à l'intérieur de l'enceinte en une sorte de marché
permanent extrêmement animé. Du haut des tours achevées de son édifice, Youssef
ben Tachfine contemplait avec satisfaction le grouillement incessant qui s'étalait
au dessous de lui. - La voilà bien, ma capitale, lança-t-il, égayé, à son lieutenant
Slimane qui l'avait accompagné: un palais, un marché, un rempart, une palmeraie,
un camp. Il n'en faut pas davantage! - Palais! C'est beaucoup dire! rétorqua Slimane,
car sans vouloir diminuer le mérite de notre architecture de pisé, il m'a semblé
avoir vu mieux, dans le haut du pays, au cours de nos expéditions! Et puis, n'as-tu
pas oublié la mosquée? - … Il faut aux masses une religion, et une mosquée est
bien faite pour la rappeler et l'exalter! Je vais donner l'ordre à salem de réparer
mon omission. Il se mettra à l'œuvre aujourd'hui même. D'après, "Le Maroc", de
R.Thomasset, Fernand Nathan, 1937. L'art Almohade Le Guido Nro 6 Les Almohades
furent de grands bâtisseurs. Construits en pierre, leurs monuments imposants ont
résisté au temps, en particulier à Marrakech, Rabat et Séville. Héritiers des
traditions architecturales et artistiques d'Al-Andalus, les monuments almohades
se caractérisent par une sobriété dans la décoration, une prédominance de la rigueur
géométrique et une réduction des espaces ornés de motifs floraux. Cette volonté
de pureté correspond à la doctrine almohade qui préconise l'austérité et la sobriété.
La mosquée de la Koutoubia "Les trois sœurs: La Koutoubia (Marrakech), La Tour
Hassan (Rabat) et la Giralda (Séville)." "L'ornementation des minarets se distingue
par de larges frises en céramique émaillée et coloriée. La tour de la Koutoubia
a reçu en plus une parure de décors peints sur une enduit de chaux teinté." Tirant
son nom, "Mosquée des libraires", d'une rue voisine où l'on vendait livres et
manuscrits, la mosquée de la Koutoubia est l'œuvre des souverains almohades au
milieu du XIIe siècle. 17 nefs et 7 travées partagent la mosquée actuelle, nef
axiale et travée de quibla étant plus larges et formant le plan en T adopté par
les architectes almohades, mieux décorées et surmontées de coupoles ou de toits
en pavillon visibles de l'extérieur. Un plan harmonieux, une pureté d'ensemble
font de la salle de prière de la Koutoubia un des plus beaux monuments de l'art
hispano-mauresque; beauté et grandeur que, à défaut de pouvoir pénétrer dans la
mosquée si vous n'êtes pas musulman, vous pourrez admirer tout à loisir dans le
minaret. Le minaret de la Koutoubia achevé probablement par le souverain almohade
Yacoub el Mansour (1184-1199) est le contemporain de la Giralda de Séville et
de la Tour Hassan de Rabat. Mais si la Giralda a été transformée dans se parties
hautes par la Reconquête chrétienne et si la Tour Hassan n'a jamais été achevée,
le minaret de Marrakech est le seul aujourd'hui complet des trois grands monuments
almohades et dépasse par ses dimensions tout ce que l'on connaissait alors en
Occident. Malgré ses dimensions, ou peut être à cause d'elles et du rapport hauteur
(67,50 m) - largeur (12,50 m), le minaret de la Koutoubia garde une forme très
élancée. Composé de deux parties, une tour de section carrée et un lanternon,
sorte de réduction de la tour, le minaret tire son originalité de sa construction
hardie, à la dimension inusitée, en moellons de grès des carrières voisines, masqué
par un revêtement de chaux et de plâtre quelquefois peint dans les niches d'un
beau décor floral encore visible, de sa disposition intérieure (rampe et chambres
superposées que l'on retrouve à la Tour Hassan), et surtout du décor de ses façades
à la fois d'une réelle richesse et d'une grande sobriété et où se succèdent de
haut en bas frise de merlons dentelés, bandeau de carreaux de faïence, hexagonaux
ou carrés, aux joints soulignés par des baguettes de faïence noire, réseaux d'entrelacs,
arcatures à lobes, à festons ou à lambrequins enveloppant des ouvertures en général
géminées et dont l'ordonnance varie sur chaque face. Alors admirez, regardez et
vous ne vous lasserez pas de revenir vers la Koutoubia à la recherche d'un détail
nouveau, d'un angle nouveau de prises de vues, à travers les cyprès des jardins
voisins ou se détachant seule dans la lumière du soir, et vous emporterez avec
vous la perfection et l'un des plus beaux témoignages de l'art musulman. D'après
Jean Brignon et Alain Mandleur GNAOUA AISSAOUA Le Guido Nro 6 La ville du Sultan
Sidi Mohamed Ben Abdallah était devenue un carrefour de cultures: arabo-musulmane,
imazighen (berbère), juive, africaine et occidentale. C'est le moment d'une activité
culturelle intense, en particulier dans les Zaouïas (sanctuaires) qui abritent
l'activité religieuse et culturelle des confréries, notamment les Aïssaoua, les
Hmadcha, qui constituent la forme populaire et mystique de la tradition arabo-musulmane.
Les Gnaoua sont les continuateurs de la tradition africaine. Ils étaient probablement
présents dès le 16e siècle dans la région, non loin du site actuel de la ville
où se trouvent des plantations et des usines (sucreries), dans la période saâdienne.
Les Berbères sont le premier peuplement de la région et ils y ont conservé leurs
traditions musicales, mais aussi artisanales. Dans la bijouterie, cette tradition
est judéo-berbère. Le fondateur de la confrérie des Aïssaoua est Sidi Mohamed
ben Aïssa, dit "Chikh El Kamel" le Cheikh parfait. Il est né en 872 (1465/1466)
et mort vers 1526 à Meknès. Sidi ben Aïssa a eu de nombreux disciples et adeptes.
On trouve des groupes d'Aïssaoua non seulement au Maroc, lieu de naissance de
la confrérie, mais aussi en Algérie, en Tunisie, jusqu'en Syrie et même au-delà.
A Essaouira la taïfa des Aïssaoua a connu son heure de gloire au 19e siècle. Des
poêtes comme Ben Sghir étaient attachés à la zaouïa locale, qui a joué un rôle
important dans la vie culturelle de la cité. Puis est venu le temps du déclin.
Aujourd'hui les adeptes sont très peu nombreux et leur silence contraste avec
l'activité intense des Hamadcha. Ceux-ci, comme bien des confréries font remonter
au Prophète leurs origines. Le fondateur en est Sidi Ali ben Hamdouch (17e siècle).
Le rituel des Hamadcha est divisé en plusieurs phases : - Une entrée (mais seulement
si la cérémonie a lieu à domicile) - Une phase de récitatifs et de chants (hizb,
dikr). Chez les Hamadcha, le dikr est un ensemble de cantiques. - La phase du
saken, phase à base d'instruments de musique comprenant une danse extatique (la
jedba) - Une phase dite froide - Une dernière partie qui n'est pas obligatoire
est appelée Gnaoui ou Haddari. C'est alors qu'ont lieu parfois des danses de possession.
Cette phase ajoutée est l'équivalent de la phase "Al Riah" des Aïssaoua. Elle
peut avoir une fonction thérapeutique. A Essaouira le sanctuaire (zaouïa) des
hHamadcha est dans la rue Ibn Khaldoun non loin du sanctuaire des Aïssaoua. Essaouira
est "la ville des Gnaoua", descendants d'anciens esclaves. Dans la région de la
cité jusqu'au 15e siècle ils travaillaient nombreux dans les fabriques du sucre,
puis à partir de la fondation de la ville (1764), Mogador devient "le port de
Tombouctou" et les échanges avec l'Afrique Noire y sont très importants. La cérémonie
des Gnaoua est un rite de possession de tradition africaine. Sa fonction est essentiellement
thérapeutique. Le rituel des Gnaoua nommé derdéba est comparable au vaudou (Haïti)
et la macumba (Brésil). Ses moments essentiels sont le défilé dans la ville (Aâda),
le sacrifice rituel (dbiha) puis une phase de divertissements (ouled bambara et
kouyou) suivie des danses de possession ( les mlouks). Le sanctuaire des Gnaoua
d'Essaouira (la zaouïa de Sidna Boulal) est situé à l'Ouest de la ville dans les
remparts. En Bref Le Guido Nro 6 Nouvelles du Maroc: - Le général Guillaume a
inauguré le nouveau port d'Agadir - A l'occasion de la fête du Mouloud S.M. le
Sultan a décerné le Mérite Civil Chérifien à S.E. Si Hadj Thami el Glaoui, tandis
que lui-même a reçu les insignes de Grand'Croix de la Légion d'honneur des mains
du général Guillaume. Vendredi 27 novembre 1953 - Un attentat s'est produit sur
la ligne de Marrakech. Une bombe ayant explosé sous le train, on signale des dégâts
matériels à la voie ferrée. - Un "Bulletin Officiel" hors série a publié quatre
dahirs en date du 24 octobre 1955 sur la réforme de la justice. - Le Centre d'Etudes
Supérieures Scientifiques de Rabat a été inauguré le 19 novembre par le général
Guillaume en présence de monsieur Gaston Berger, directeur de l'Enseignement Supérieur,
représentant le ministre de l'Education nationale. Vu dans la presse… "Dans le
sillage des navigateurs portugais", Couleurs Marrakech, N°3 octobre-novembre-décembre
2003 "Dès le Moyen-Age , les Portugais s'installèrent sur la côte atlantique du
Maroc. De Tanger à Agadir, en passant par Asilah, Larache, rabat, Casablanca,
Mazagan (El Jadida), Safi et Mogador, cette équipée littorale mène façon Petit
Poucet, de forts en ports et de canons en bastions, sur les traces d'un très ancien
rêve colonial". "Sidi Ifni, la cité oubliée", par Christine Coste, Qantara N°48,
Eté 2003 ainsi que deux articles dans le même magazine concernant l'urbanisme
au Maroc à l'époque de Lyautey: naissance des villes nouvelles, Casablanca, Rabat,
Fès… L'Association L’association féminine a été créé dans le but d’améliorer les
conditions de vie des femmes souiri en premier lieu et des enfants; en tenant
compte de l’importance de ces deux éléments de la société souiri en particulier
et marocaine en général. Boutique Les femmes de la coopérative créée par l’association
ont travaillé sous la gestion du styliste femme qui leur offre les cours de couture
des créations qui combinent en même temps la féminité et la coupe moderne aussi
bien que l’art de la broderie et de la couture marocaine… La collection est actuellement
en vente afin de rémunérer les femmes qui y'ont travaillées. Adresse: Association
Feminine de Bienfaisance el Khir Rue Reguraga n°: 11, Bab Doukala Essaouira 44000
- MAROC Tel/Fax : (+212) 44 476 533 E-mail : www.afbk@free.fr Association Feminine
de Bienfaisance el Khir LES ASSOCIATIONS Euro Marocaine - Section ESSAOUIRA Actions
"Rentrée Scolaire" et "Ramadan" · Achat fournitures scolaires en faveur d'une
Ecole à Ounara · Panier de l'Amitié : 15 familles démunies ont bénéficié d'un
panier de produits alimentaires · Enfants de BAYTI: Avec l'Association Féminine
El Kheir, nous avons organisé pour le mois de Ramadan plus de 45 repas chauds
en faveur des enfants de l'Association BAYTI · Savon artisanal parfumé aux produits
naturels d'Essaouira:en vente dans les Riads et hôtels de la ville. REMERCIEMENTS
Notre Association tient à remercier tous ses adhérents et les donateurs Souiris
et les amis d'Essaouira qui par leurs dons réguliers parrainent les enfants démunis.
Nos remerciements vont aux : - Particuliers, Commerçants, super marchés, Riads,
Hôtel, Restaurants, Cafés, Corps médical (Pharmaciens, Médecins …) Adresse : AGENDA
21 - PLACE MY HASSAN B.P. 332 - ESSAOUIRA E-mail : aucoeur2lamitié@yahoo.fr Compte
bancaire : BMCE - ESSAOUIRA N° 240.01.210.00.60726.74 SIEGE : 15, AVENUE GUSTAVE
DRON TOURCOING - France Présidente : ZUSATZ Marie-Claude Au coeur de l’amitié
Festival international DU FILM DE MARRAKECH Le Guido Nro 6 Le rideau s'est baissé
mercredi soir 8 octobre, sur la remise des Etoiles d'or dans le cadre magique
du Palais El Badii. Du 3 au 8 octobre 2003, la ville impériale du Sud marocain
a vibré au rythme du cinéma, des films projetés et des nombreuses personnalités
invitées. La programmation se voulait résolument internationale, ouverte sur le
monde, quinze pays y étaient représentés, et très ancrée dans Marrakech la rouge.
Une "Etoile d'or" pour Oliver Stone entre "Alexandre le Grand" et Fidel Castro
Le réalisateur américain Oliver Stone, qui a reçu le lundi soir l'Etoile d'or
du 3e Festival international du Film de Marrakech avant la projection de "Comandante",
le portrait-interview de Fidel Castro, a affirmé que ce film était "bloqué aux
Etats-Unis". La star française Alain Delon, le doyen portugais du cinéma mondial
Manoel de Oliveira (94 ans), le cinéaste américain Oliver Stone et le Britannique
Sir Ridley Scott ont été décorés samedi soir au Palais royal de Marrakech par
le prince Moulay Rachid. Alain Delon, Manoel de Oliveira, Oliver Stone et Ridley
Scott décorés PALMARES 2003 Après Charlotte Rampling en 2001, Jeanne Moreau en
2002, Wolker Schlondorff, cinéaste allemand, a présidé le jury "longs métrages",
qui se composait de 9 membres, de cette 3e édition du FIFM - L'Etoile d'or: au
Bosniaque Pjer Zalica pour "Au feu !" - Prix spécial du jury: "The station agent"de
Tom Mc Carthy - Prix d'interprétation féminine: Najat Benssallem dans "Raja" de
Jacques Doillon - Prix d'interprétation masculine: Bogdan Diklic dans "Au feu
!" de Pjer zalica - Prix de la mise en scène: Takeshi Kitano pour "Zatoichi" -
Prix du meilleur scénario: "Les Yeux secs" de Narjiss Nejjar LONGS METRAGES -
Etoile d'or: "Hymne à la gazelle" de Stéphanie Duvivier - Prix spécial du jury:
"Haçla" de Tariq Teguia Deux tables rondes furent organisées durant ce festival,par
le FIFM et le Centre Cinématographique marocain, sur des thèmes qui touchent à
la production et à la diffusion du cinéma marocain et du cinéma au Maroc: - Le
film à la rencontre de ses publics ou comment optimiser sa carrière - Tourner
au Maroc aujourd'hui COURTS METRAGE
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