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PLAN DU SITE: LEGUIDO7 (Dernière mise à jour du site le: 04-10-2008) - [ Retour ] [ Essaouira ] Sommaire SOMMAIRE N° 7 . Edito Focus Caravane des Arts Made in Morocco Instants Souiris Histoire de mots Reportage 8ème festival Gnaoua Les instruments de la musique Gnaouie Les Gnaoua Sélection Histoire de dunes Balade Le poste Watier Evènement Festival des Andalousies Atlantiques La cuisine marocaine . Sommaire SOMMAIRE N° 7 . Edito Focus Caravane des Arts Made in Morocco Instants Souiris Histoire de mots Reportage 8ème festival Gnaoua Les instruments de la musique Gnaouie Les Gnaoua Sélection Histoire de dunes Balade Le poste Watier Evènement Festival des Andalousies Atlantiques La cuisine marocaine . Edito EDITO . oLe festival Gnaoua et musiques du monde d'Essaouira, a vu se dérouler sa huitième édition du 23 au 26 juin dernier mettant la ville en effervescence. Il semble évident, lors de tels évènements, qu'un outil local de communication manque à notre ville, classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 2001. Grâce à l'intérêt manifesté par beaucoup et à la demande croissante de personnes impliquées dans la vie d'Essaouira, son magazine, LE GUIDO renaît aujourd'hui. Notre équipe était volontaire pour reprendre ce projet; son financement par des sponsors et des annonceurs a permis sa réalisation, nous l'espérons, pour le plaisir de tous! Accompagnés de notre revue, vous ferez de multiples découvertes dans cette ville aux couleurs mythiques: promenades vivifiantes sur les remparts encerclant la médina, incursions dans la gastronomie locale ou excursions dans les environs .Vous pourrez vous immerger dans les sélections musicales ou littéraires annoncées dans le calendrier des activités trimestrielles: festivals, concerts, manifestations diverses, conférences, expositions... La mission et l'ambition du Guido restent les mêmes : Maintenir le pont entre les acteurs de la vie de la cité et ses visiteurs. Révéler à chacun la culture vivante de la région, faire partager ce lieu, partir de l'originalité marocaine et de la singularité de la ville, pour que perdure le dialogue entre les cultures. Ce magazine est celui d'Essaouira, ville en perpétuel mouvement, au patrimoine remarquable, dressée face à l'océan, giflée par les vents, mais ouverte à toutes les cultures, toutes les rencontres, tous les projets. Depuis sa fondation la cité atlantique cultive originalité, cosmopolitisme et indépendance. Ce n'est qu'ici, dit-on, que le mélange des religions, des ethnies, et des couleurs prenait et prend toujours véritablement forme; donnant naissance, chaque jour un peu plus, à une multitude de talents. Les acteurs culturels, économiques ou touristiques de la ville sont nombreux et font évoluer la vie de la cité; de leur implication dans le magazine dépendra la longévité du Guido. . Caravane CARAVANE DES ARTS . La 1ère édition de la Caravane des Arts du 12 au 17 août 2005 à Essaouira sur le thème : «L'art au service de l'environnement» sera consacrée aux Arts de la rue. 'La Caravane des Arts est un espace d'échanges et de rencontres culturelles. C'est une manifestation grand public dont les prestations auront lieu dans la rue', soulignent les organisateurs. La manifestation débutera par une caravane de chameaux et de chameliers déguisés en personnages de théâtre qui fera le tour de la ville. Plusieurs spectacles dans la pure tradition du théâtre populaire égayeront les principales places d'Essaouira. Des professionnels des arts plastiques animeront des ateliers de peinture et d'arts graphiques au profit des enfants, des jeunes et d'animateurs de tout âge. Le public pourra apprécier les oeuvres d'ici et d'ailleurs. Les autres temps forts de la caravane seront consacrés au spectacle de feu, musique, danse, théâtre, arts plastiques, jonglerie, magie, marionnettes, le tout gaiement ponctué par une fanfare. Des conférences autour du thème 'L'art et l'environnement' sont prévues. La programmation prévoit également, une soirée poétique en l'honneur du poète marocain Moubarak Rajji (Prix de la poésie arabe Abdelwahab Albayati). . Un carnaval, organisé avec le soutien de l'Association Nejma (Evry, France) au profit de plus de 150 enfants du milieu rural en situation difficile, clôturera la manifestation. Des groupes officiels venant particulièrement de France et d'Angleterre se produiront, mais aussi de jeunes troupes invitées de différentes villes marocaines. Le directeur de la caravane des Arts, Ebeha Beyeth Gueck, ainsi que son homologue marocaine, la directrice artistique, Mme Sadya Bairou, ont concocté un programme original et novateur, marqué par une diversité de styles et de rythmes, à travers les formations qui se succéderont sur les différents sites de la ville. La Caravane des Arts est un événement qui fait partie d'une action à moyen et long terme. Un travail de fond est mené durant toute l'année avec l'appui de l'Association Akal pour détecter des jeunes talents, afin de leur offrir l'opportunité de jouer sur une scène. Pour avoir le programme détaillé de la manifestation: par email: beyeth.gueck@free.fr Caravanedart@hotmail.com sur le site: www.akal-art.org par téléphone: +212 65 87 52 88 L'Association Akal, créée en mars 2004, se fixe comme objectif de soutenir toute action culturelle et éducative susceptible de contribuer au développement de l'art et à la protection de l'environnement au Maroc, notamment à la ville d'Essaouira. Grâce à l'organisation d'ateliers et séminaires d'information et de formation, elle participe aussi aux diverses activités et manifestations culturelles, artistiques et sociales, locales, nationales et internationales. . Jeunes.talents MADE IN MOROCCO . Festival des jeunes talents gnaoua et world music 2e édition Hommage à Sidi Amine Belcadi, ex-gouverneur de la province d'Essaouira 18 au 21 août 2005 . un véritable genre nouveau, très prometteur: une musique world maghrébine, made in Morocco, fusionnant les rythmes, gnaoua ou issus d'autres cultures locales marocaines, à des rythmes d'ailleurs : reggae, soul, rap, fusion, jazz, etc... C'est cette génération de nouveaux talents (les jeunes maâlem Gnaoua d'Essaouira ou issus de diverses villes du Royaume, et les groupes musicaux naissants ou confirmés de la nouvelle tendance World maghrébine) que le festival Made in Morocco propose de faire découvrir au public local, national et international présent à Essaouira. Soucieux de donner une dimension patrimoniale, culturelle et pédagogique à cet événement, le Festival propose également 4 ateliers workshop (métiers de la scène, percussion , musique gnaouie, écriture de chansons) ainsi qu'une table ronde sur le phénomène World maghrébine. Enfin l'attribution de trois prix (prix Maâlem Sam, prix Maâlem Boubker, prix Maâlem Hajjoub) seront décernés aux meilleurs jeunes talents gnaoua, le premier d'entre eux consistant en une invitation à jouer au 'Festival Gnaoua et Musiques du Monde 2006'. . Made in Morocco: un festival pour la musique marocaine de demain 17 concerts en plein air gratuits et 3 concerts acoustiques payants en salle (au profit de la Zaouïa des Gnaoua d'Essaouira) sont programmés. Depuis la création du festival des Gnaoua et des Musiques du Monde à Essaouira, en 1998, dont feu Sidi Amine Belcadi, ex-gouverneur de la Province d'Essaouira, fut, par son esprit de modernité et d'ouverture, l'un des initiateurs, d'où l'hommage qui lui est rendu lors de cette édition, la musique gnaouie a pris un second souffle. D'une part avec sa floraison de Maâlem Gnaoua recrutés parmi la nouvelle génération. D'autre part, avec l'émergence de jeunes talents marocains qui, réceptifs à l'esprit et à la musique ouverte et expérimentale écoutée lors des sessions annuelles du Festival des Gnaoua, crée, de nos jours, . InstSouiri INSTANTS SOUIRIS . Je longe les remparts aux murs rongés par les vagues. Le vent s'efface, épuisé. Je descends d'étroites ruelles couvertes qui prennent un moment l'allure de passages souterrains aux voûtes de pierres: la cour de la coopérative des menuisiers-ébénistes est jonchée de racines de thuyas, extraordinaires masses fantasmagoriques, difformes, à rude consistance gris brun qui leur donne l'allure de blocs de pierre. Leur parfum envahit tout l'espace, entêtant. Venue de nulle part ou de chaque recoin, traversant les murs, les portes, la musique du travail des ébénistes rythme mes pas. Voici au bout, sous le regard d'un minaret, la place Moulay el Hassan, longue allée tranquille, plantée de caoutchoucs aux pieds blanchis, havre de calme avec ses terrasses de cafés, ses galeries, ses petits snacks, son kiosque à journaux. On se hèle, on s'embrasse, on partage un verre. Même le petit cireur de chaussures, malgré les refus, garde le sourire. L'horizon s'élargit quand je me dirige vers le port. Derrière la porte de la Mer c'est la ronde des chalutiers, les chantiers de construction navale, les filets de pêche délavés, aux nuances ambrées, bleues, vertes ou pourpres que les hommes reprisent ou sur lesquels ils sommeillent, et, partout, des mouettes aux cris assourdissants, ventres blancs griffant l'azur. . «Retourne dans ton bled», «Je me suis retrouvé dans un petit bled perdu dans la montagne», etc. Ce nom est emprunté (fin XIXe siècle) par les troupes françaises d'Afrique du Nord à l'arabe d'Alger blad, qui correspond à l'arabe classique bilad, «terrain, contrée, pays». D'abord employé en argot militaire, le mot désignait un terrain, un territoire en Afrique du Nord, puis la rase campagne (1916). Il s'est répandu dans l'usage familier à propos d'un endroit (1917), d'un village, d'une petite localité isolée, sans ressources (1934). Péjoratif dans la plupart de ses emplois, il comporte parfois une valeur affective de «lieu d'origine» (1946). Par dérivation, la langue française possède le terme blédard (1926) qui désigne un militaire vivant dans le bled africain ou le connaissant par expérience En Afrique du Nord il désigne l'intérieur des terres, la campagne. Aller au bled est une expression utilisée par les maghrébins vivant en France et retournant dans leur ville, village, région ou pays d'origine pendant des congés. . HISTOIRE DE MOTS: BLED . Festival8 8EME FESTIVAL GNAOUA . Créé en 1998, le festival «Gnaoua et musiques du monde» d'Essaouira a popularisé le genre, jusqu'alors ignoré par une grande partie de la jeunesse marocaine. De 22000 la première année, le nombre de spectateurs est passé à 450.000 pour l'édition 2005 organisée du 23 au 26 juin, avec plus d'une quarantaine de concerts et la collaboration d'artistes internationaux. Cela reflète bien les dimensions nationales et internationales que le festival Gnaoua a prises au fil des sept précédentes éditions. Le festival imprègne formidablement la ville d'Essaouira, et principalement sa Médina, célébrant une spiritualité particulière qui enchante à la fois les musiciens et les spectateurs. Une ambiance unique en son genre où se mêlent jeunes en groupe, familles, touristes, artistes, journalistes, photographes, hauts responsables, dans un esprit détendu. Avec leur musique mélangeant saints et génies sur des rythmes époustouflants, ces descendants d'esclaves conquièrent la jeunesse marocaine. Musiciens, guérisseurs, thérapeutes, les Gnaoua sont tout cela. Une confrérie issue d'Afrique noire, qui dialogue avec les saints et les esprits, dans d'impressionnantes transes de possession. Un rite fascinant, préservé depuis des siècles par ces populations venant du Mali, de Guinée, du Soudan. La «nouvelle activité strictement musicale» des maîtres musiciens gnaoua, s'ajoutant à leur métier d'animateurs du rite de possession, «est tout à fait légitime», puisqu'ils disposent aussi d'un répertoire dédié au divertissement, . rappelle Abdelhaid Chlyeh, dans son ouvrage «Les Gnaoua du Maroc: itinéraires initiatiques-transe et possession», (Ed. La Pensée sauvage). Un festival qui a mis la cité en effervescence. « On n'a jamais vu ça ici » s'étonne un habitant, constatant la marée humaine coincée dans les rues lorsque les concerts s'achèvent place Moulay Hassan ou sur les autres sites. Un public composite où des femmes enveloppées dans un haïk blanc ne laissant deviner que leurs yeux, côtoient des filles en tenue sexy, venues de Casablanca avec leurs copains, des adolescents au look de rapeurs, sont au coude à coude avec des gamins, et des mamies, aussi. Tous écarquillent les yeux, ne perdent pas une miette de ce qui se trame sur scène. . Festival8s 8EME FESTIVAL GNAOUA . Sur la gigantesque scène, mais aussi dans des lieux plus intimes, la rencontre constitue le moteur du festival. Carrefours musicaux qui s'inscrivent naturellement dans l'histoire de 'la bien dessinée' (traduction d'Essaouira ou plus exactement de Souira) La programmation exceptionnelle pour cette 8ème édition, avec 9 scènes réparties dans toute la ville pour gérer la grande affluence attendue, démontre l'impact et la portée du festival. Comme l'avait annoncé le président de l'Association Essaouira-Mogador André Azoulay, cette édition fut exceptionnelle avec plus de 300 chanteurs et musiciens venus du Maroc, d'Afrique, d'Asie, d'Europe et des Etats-Unis, qui se sont produits sur les neuf espaces et scènes. Pour la première fois, l'égyptien Fathy Salama était sur la scène d'Essaouira. Le pianiste compositeur, considéré comme l'inventeur de la Jeel, la pop arabe, précieux collaborateur de Youssou N'Dour sur son dernier album 'Egypt', a offert à Essaouira un répertoire né de sa rencontre avec l'un des derniers virtuoses du rango (sorte de marimba venu du Sud du Soudan), Hassan Bargamoun, aux côtés de ses musiciens gnaoua égyptiens. 21 maâlems au total étaient présents, avec parmi les plus connus Mahmoud Guinea, Hamid El Kasri, Mustapha Bakbou, Abdeslam Alikane...Autant de maîtres Gnaoua qui ont tenu cette année à rendre un hommage spécial à un autre grand nom de la musique, Abderrahman Paca, l'un des fondateurs et figure emblématique du groupe Nass El Ghiwane . qui a marqué de son empreinte la musique gnaouie et a contribué à la diffusion de cette culture et à sa valorisation dans les années 70. Ce maître du hajhouj, a laissé une empreinte impérissable dans le paysage musical marocain. Né à Essaouira, il grandit dans un milieu gnaoui et a été initié par le maâlem Benthami. Maître du guembri à l'âge de 16 ans, Paca a rendu la musique Gnaouie plus forte, enrichie des traditions musicales marocaines et a réussi à donner un véritable élan musical à tout un pays en particulier à sa jeunesse. Au programme de cette édition également, de grands artistes internationaux comme le poète-musicien réunionnais Danyel Waro, le duo sénégalo-suédois Elika (violon) et Solo (kora), la magie des percussions indiennes avec le Singapourien Nantha Kumar, le bassiste guadeloupéen Etienne Mbappé du groupe Joe Zawinul Syndicate, le batteur franco-congolais Roger Biwandu, le flûtiste français Majik Malik, ex-membre du groupe Human Spirit, l'étonnant percussionniste arménien, Arto Tunçboyaciyan et bien d'autres. Sur la scène de la place Moulay Hassan samedi 25 juin, Danyel Waro, éblouissant poète et chanteur du Maloya, le chant rebelle de l'identité réunionaise, vibre à l'unisson avec les musiciens Gnaoua. La rencontre du maloya avec la musique des Gnaoua dirigé par le maâlem Mohamed Koyou restera l'un des plus extraordinaires souvenirs de la grande fête d'Essaouira. . Musique LES INSTRUMENTS DE LA MUSIQUE GNAOUIE . Les Gnaouas, descendants d'esclaves déportés de l'Afrique sub-saharienne en terre musulmane, furent longtemps, et le restent encore, dépositaires de transes, pratiques divinatoires ou magiques, qui font la part belle à la danse et à la musique. Le guembri, c'est la clé, l'instrument sacré à l'insistance divinatoire, rudimentaire et magique, dont les cordes sont faites de boyaux d'animaux sacrifiés. Il ouvre la voie aux esprits, il les appelle au cours du rituel gnaoui, en assemblée nocturne (lîla: de l'arabe nuit) qui figure le passage de l'ombre à la lumière. Dans un contexte profane, c'est aussi un son à la gravité sombre se mariant parfaitement à n'importe quel autre langage musical. «Il n'a que trois cordes, mais on peut tout faire avec, accompagner n'importe qui, jouer dans tous les registres », estiment les musiciens. Longtemps on joua du guembri de père en fils, cette musique rituelle à visée thérapeutique. Le guembri est accompagné par la rythmique puissante des joueurs de qraqeb ou qarqabates, instruments complémentaires, ses frères insépa- rables et indispensables. Un rythme fou, entêtant, un rythme circulaire d'une puissance stupéfiante, un rythme de transe totale est mené par les qraqeb. Pendant le festival, on entend partout le galop frénétique de ces deux bouts de ferraille. Ils recouvrent tout, le cri des mouettes, les grondements furieux du vent, ils s'engouffrent dans les ruelles, montent à l'assaut du ciel. . Maälmin: maîtres-musiciens maîtres de cérémonie, au singulier: maâlem Guembri ou hajhouj: luth-tambour à trois cordes et en carapace de tortue Aouicha: Petit guembri Ganga ou Tbel: tambours qui martèlent la marche secrète des univers invisibles Qraqeb ou qarqabates: crotales en métal ou castagnettes. . Gnaoua LES GNAOUA . Esclaves originaires d'Afrique de l'Ouest (Ghana, Guinée et Mali), les Gnaouas (déformation de guinéen), sont arrivés au Maroc au XVIIe siècle sous le règne du sultan Moulay Ismaïl. Ils étaient au service de maîtres arabes et berbères. Certains ont constitué la première garde noire chérifienne. La confrérie des Gnaoua d'Essaouira est formée des descendants de ces esclaves ayant participé à la construction de la ville à partir de 1764. Comme leurs pairs emmenés de force sur l'autre rive de l'Atlantique, les captifs ont développé la tactique du double jeu afin de survivre à leur soumission. Les traditions animistes, les divinités régnant sur le monde visible et invisible, ont été colorées de soufisme et même de judaïsme. La confrérie d'Essaouira est l'une des plus actives du Maroc, et dispose d'une zaouia (sanctuaire). Membres et adeptes forment ici une confrérie solide, réunie autour de la tombe de leur maître Sidna Bilal, un saint homme qui, en d'autres temps, guérit Fatima, la fille bien-aimée du Prophète. Tous les Gnaoua, qu'ils soient berbérophones ou issus des villes, reconnaissent Sidna Bilal comme leur ancêtre spirituel. . Les Gnaouas pratiquent un rituel nocturne de possession syncrétique et de guérison, la lîlâ de derdeba célébrant le mystère de l'extase (au cours des différents festivals, un public restreint a pu assister à ces rituels, animés par des voyantes-thérapeutes).Durant ce rituel les adeptes possédés par les esprits que le maâlem (maître musicien) appelle avec le luth guembri, tombent en transe, accompagnés par la rythmique puissante des joueurs de qraqeb (crotales en métal). Mâalem et moqadma (prêtresses), hommes et femmes à la peau souvent très sombre, possèdent la faculté de guérison: ils s'entourent des symboles de la vie et de la mort - le lait (le sperme), les dattes (le sang), le feu (la lumière), le chant. Les qraqeb, les tambours martèlent la marche secrète des univers invisibles durant les lîlâ (nuits) qui durent jusqu'au matin, cérémonies protégées, voire secrètes, qui fêtent la réconciliation des éléments de la vie et établissent l'harmonie des sept couleurs de l'arc-en-ciel. Habillés d'une longue djellaba et coiffés d'un bonnet de coquillages, ils disposent du guembri (un genre de luth)garni de velours vert et rouge, du tbal (tambour), du mehraz un mortier complété d'un pilon en bois utilisé pour broyer les sept sortes d'encens et le henné nécessaires à la cérémonie, de foulards (bleu foncé, bleu clair, noir, blanc, rouge, vert et jaune, couleurs correspondant aux sept esprits possesseurs), du kumiyya (poignard) et des qraqeb, semblables à de longues castagnettes de fer, ils chanteront et danseront jusqu'à l'épuisement afin de déclencher la transe guérisseuse et d'atteindre l'extase. Au matin, le malade sera guéri. Les Gnawas auront eu raison des djinns. Les longues tresses souvent portées par les Gnaoua ainsi que leur bonnet orné de coquillages, sont un rappel des origines africaines de ces danses-transes rituelles. . Selection ON A AIME..... . A ECOUTER Gnaoua et musiques du monde - Gnaoua Lila: les maîtres du Guembri, 5 CD vendus séparément, chez Al Sur/Musisoft. - Les Gnawa du Maroc (Ouled El'Abdi): Maalem Si Mohamed Chaouqi, 1 CD chez Ethnic/Auvidis-Naïve. - Nass El Ghiwan , «Chants Gnawa», 1 CD chez Buda Musique/Musidisc. - Gnawa Diffusion: plusieurs CD - Gnaoua lila, les maîtres du guembri (Al Sur/Musisoft) - Nass El Ghiwane, Transe musique du Maroc (Night & Day) - Hassan Hakmoun, 'Life Around the World' (Alula/Concord) - Hamid El Gnawi, Saha Koyo (Erato) - Randy Weston, «Spirit! The Power of Music» (Verve/Universal): début mai 2000, le pianiste et compositeur de jazz sortait un disque enregistré avec des musiciens gnaoua. - Ray Lema & Tyour Gnaoua, «Safi», 1999 - Un disque à découvrir, métissage gnaoua-breton, «Lila-Noz», que l'on pourrait traduire par «nuit-nuit», (arabe et breton), de Kerhun et les Gnawas, L'Oz production, 2001 Compilations de festivals - Essaouira Festival Gnaoua Avec Amadou & Mariam, Louis Bertignac, Minino Garay, Julien Lourau, Karim Ziad... - Le Festival au désert Avec Takamba Super Onze, Afel Bocoum, Tartit, Robert Plant & Justin Adams, Sedoum Ehl Aïda... . A LIRE - Abdelhaid Chlyeh, dans son ouvrage «Les Gnaoua du Maroc: itinéraires initiatiques, transe et possession» (Ed. La Pensée sauvage) - Bertrand Hell, anthropologue et ethnologue, «Possession et chamanisme, les maîtres du désordre», Flammarion. - Revue «Ulysse», mai-juin 2005, Maroc du Sud, le dépaysement aux portes du désert: p.48-53, «Une nuit chez les Gnaouas». - Revue «Labyrinthes, villes du Maroc» mai-juin 2005, Essaouira pour un tourisme «glocal». A VOIR - «Transes gnaoua», documentaire Eliane Azoulay, journaliste à Télérama, spécialiste des musiques du monde . ON A AIME . Histoire LES DUNES D'ESSAOUIRA . Mogador s'inscrivait autrefois dans une région recouverte de forêts de genévriers rouges, d'arganiers et de thuyas. La géologie de sa région est simple: elle est entourée de dunes vives: - premier milieu, végétation dunaire sables quaternaires plus ou moins consolidés, - 2e milieu, la junipéraie (genévriers) plateau calcaire jurassique et crétacé, - 3e milieu, la tétraclinaie (thuyas) des grès triassiques affleurent par endroit, - 4e milieu, l'arganeraie (arganiers). Le climat d'Essaouira: Les précipitations sont faibles: plus ou moins 300 mm/an, essentiellement de novembre à mars. La température est constante: amplitude thermique de plus ou moins 5,5°C sur l'année. Les vents sont des facteurs déterminants. Ils conditionnent l'humidité atmosphérique: Nord: 26% de l'année Nord-est: 36% Sud-ouest: 7% (ce sont les vents qui apportent la pluie). Jours sans vent: 3% de l'année . Essaouira est une zone d'upwelling: les eaux froides remontent en surface, leur donnant une extrême richesse, primordiale pour le poisson ainsi que les oiseaux. Son climat est semi-aride mais très doux. Il ressemble à celui des îles Canaries ou à celui des côtes chiliennes qui présentent les mêmes caractéristiques.Entre dunes et écume, Essaouira tente de maintenir un équilibre mais au début du XXe siècle la ville est réellement menacée de disparition, l'envahissement du sable prenant une extension inquiétante chaque année, le combattre devenait une nécessité. Le milieu dunaire et sa végétation présentent de nombreuses contraintes car le milieu est mobile et acide: Le sol est très drainant, il ne retient pas l'eau. C'est un milieu ouvert: embruns, sable et vent l'agressent en permanence. Au début du protectorat l'accès à la ville allait devenir impossible. Commencèrent alors de grands travaux d'aménagement des dunes sous l'égide de Dupuy, puis de Watier, garde forestier que l'on fit venir de la région de Bordeaux,en 1915. Il avait entrepris des travaux similaires dans les dunes landaises du Sud-ouest de la France. Ces travaux de fixation des dunes ont été expérimentés dès 1914 et réalisés, à partir de 1918, à grande échelle, couvrant progressivement une superficie d'environ 14 000 hectares, allant du rocher de Chicht au nord, à Sidi Kaouki au sud, et s'enfonçant à l'intérieur des terres sur une distance de 3 à 6 Km. . HistoireS LES DUNES D'ESSAOUIRA . Ces travaux effectués par les services forestiers s'échelonnèrent de 1918 à la fin des années 50. Le genévrier existait, à l'origine, dans les dunes. Au XVIIIe siècle il fut coupé en masse pour alimenter les fours et pour la construction de la ville. Cette déforestation ainsi que les vents forts et l'érosion des sols le fit disparaître, de là, l'apparition d'un système dunaire très important. La fixation des dunes s'effectua en trois étapes: - construction d'un cordon littoral (dune artificielle destinée à casser le vent et à arrêter les sables marins) - dépôt de branchages afin de bloquer le sable - introduction massive d'espèces locales et importées: retem, mimosa, aizoaceae d'Afrique du Sud, eucalyptus d'Australie. Le reboisement des dunes s'effectua avec l'apport de diverses plantes, certaines locales comme les plantes grasses, les tamaris, les lotiers, les retems, les genévriers, les thuyas, les acacias et mimosas. L'eucalyptus est un arbre qui fut introduit dans la région à cette occasion. . Le résultat fut spectaculaire, en 1960 l'ensemble de l'aire dunaire fut fixé et la ville entourée d'une magnifique ceinture verte . Avec ces grands travaux s'effectua la régénération de plus de 4000 ha: création d'un biotope (milieu favorable) pour la faune et la flore. A la suite de cette gigantesque opération, première en son genre, plusieurs pays présentant le même type de problème, s'intéressèrent à la fixation et au reboisement d'aires dunaires. Une partie de ces informations est extraite de la conférence à l'Alliance franco-Marocaine, le 22 avril 2005, «La flore d'Essaouira entre richesse et fragilité» par Roland Douzet, professeur de botanique à la Faculté des sciences de Grenoble. . . Balade B A L A D E . Maison forestière, le poste Watier se situe à 18 Km d'Essaouira. A la sortie de la ville prendre la route de Marrakech puis, quelques kilomètres plus loin, sur la gauche, la route côtière de Safi. Rouler environ 4 Km. Sur la gauche l'entrée de la piste est indiquée. Le poste se situe à 3 Km au bout de la piste. Comme toutes les maisons forestières, celle-ci a été bâtie de manière à avoir une vue panoramique sur l'ensemble de la région dans le but de prévenir les incidents et de la protéger. (Une autre maison forestière existe à 5 Km de la ville, sur la route de Marrakech : dans le virage du belvédère prendre la piste de droite indiquant le poste Maadane : point de vue dominant remarquable sur la ville d'Essaouira et les îles Purpuraires). Sa construction débute en 1922, année de la mort accidentelle de l'inspecteur des Eaux et Forêts Charles Watier, venu du Sud-ouest de la France pour gérer les travaux de fixation des dunes, et s'achève en 1924. L'accès au poste n'est pas autorisé, sauf accord spécial des gardes, néanmoins, il est possible de débuter une excursion par les sentiers qui serpentent dans les dunes. La vue sur la ville est splendide. Pour les bons marcheurs le retour à Essaouira est possible par les sentiers puis par la plage. . Andalousies FESTIVAL DES ANDALOUSIES ATLANTIQUES 3° EDITION - 15 AU 17 SEPTEMBRE 2005 . En l'espace de deux années,le Festival des Andalousies Atlantiques a pu affirmer son identité et prouver la légitimité de ses fondements en dépit de la nouveauté et l'originalité de son concept. Identité et concept originaux, certes, mais loin d'être excentriques ou étranges, puisqu'ils dérivent de quelque chose d'authentique et de réel, mais qui reste insuffisamment exploré, voire méconnu. L'importance accrue des relations avec l'Espagne et l'ouverture du Maroc sur le continent latino-américain soutiennent cette réalité qui n'appartient pas seulement au passé. Les liens historiques, culturels et humains qui nous unissent au monde ibérique et ibéro-américain conditionnent notre actualité et justifient la construction d'un avenir en commun. A l'échelle nationale et internationale,l'expérience doulou-reuse des effets néfastes et meurtriers des crispations identitaires a le mérite de nous rappeler que ce qui fait la force, la richesse et la cohésion d'une société ce n'est pas de se replier sur elle-même ou de vivre en autarcie, mais la capacité de sa culture à dialoguer avec ses propres origines et avec d'autres cultures du monde. . Organisé conjointement par La Fondation Alizés et l'Association Essaouira-Mogador d'une part, et le Gouvernement Autonome Andalou -à travers ses Fondations Les Trois Cultures de la Méditerranée et l'Héritage Andalou - d'autre part, le Festival des Andalousies Atlantiques s'affirme comme un forum culturel maroco-espagnol, aux dimensions méditerranéennes et latino-américaines, généreusement accueilli par la ville d'Essaouira. Au confluent des trois continents, la Cité des Alizés incarne les multiples et féconds brassages dont nous sommes aujourd'hui les héritiers. Afin de continuer à explorer notre propre patrimoine en sens vertical et horizontal, dans la pluralité de ses racines et dans ses vastes, et parfois étonnantes, ramifications spatiales, la revendication de cet heureux métissage sera au centre de cette édition. Fidèle à sa vocation pluridisciplinaire, le festival présente pour sa 3 ème édition une programmation tout aussi éclectique que celle des années précédentes : concerts musicaux, ateliers artistiques, colloques, expositions, courses de chevaux, feux d'artifice, etc. Il réunira des artistes, des musiciens, et des intellectuels de Syrie, du Portugal, du Mexique et du Brésil, et bien sûr du Maroc et d'Espagne. La présence du Brésil, comme pays invité d'honneur, permettra au public souiri et marocain de continuer à découvrir les multiples facettes des cultures ibéro-américaines avec lesquelles nous partageons tant d'affinités. Pour construire un avenir réellement solidaire, le festival renforce sa dimension didactique et sociale, grâce notamment aux ateliers artistiques. Dédiés aux jeunes souiris, souvent démunis, ils leur offrent une occasion de révéler leurs talents et d'approfondir la connaissance du patrimoine andalou, à l'instar des talents primés lors de la précédente édition qui sont allés à la découverte de al Andalus sur la rive nord . Quoi de mieux que la mémoire andalouse, partagée par les peuples de la Méditerranée et de l'Atlantique pour nous rapprocher de nous-mêmes et de nos voisins les plus proches et les plus lointains? . |