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(Dernière mise à jour du site le: 15-02-2008)
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Sommaire
SOMMAIRE N° 8 . Edito Focus Le Ramadan Reportage Festival des Andalousies Atlantiques Des siècles de musique Les instruments de la musique Andalouse Histoire La calligraphie arabe Instants Souiris Balade en pays HAHA Histoire de mots La cuisine marocaine .

Modèle

Edito
EDITO . Le 3° Festival des Andalousies Atlantiques a brillamment clôturé l'été et nous entrons doucement dans l'Automne, saison de la maturité, de la sérénité, du recueillement en cette période de RAMADAN. Alors que la terre assoiffée attend d'être désaltérée, heureux visiteurs de l'Automne, vous allez profiter de splendides journées ensoleillées et de nos premières ondées, si rares, découvrir les caprices du vent Ouled el Bilad qui signifie en arabe l'enfant du pays, et s'est fait oublier durant presque tout l'été. Vous pourrez apprécier les flâneries dans les ruelles assoupies et.... déguster les escargots tout chauds proposés le soir, aux carrefours de la cité. Pour accompagner vos pas dans la medina et la nouvelle ville, notre magazine innove et vous offre le premier GUIDO POCKET. Artistes, artisans, bijoutiers, bazars, restaurants, hammams, tous les commerçants vous attendent avec leur sourire et leur légendaire sens de l'hospitalité. Au retour de vos promenades, les premiers feux de cheminée, si propices aux douces soirées, réchauffent l'atmosphère des riads, maisons d'hôtes et restaurants. C'est le moment de découvrir dans nos pages « l'histoire de la calligraphie », elle illustre si joliment le coran, vous aurez alors une autre vision des oeuvres exposées dans les différents ateliers de la ville. Quelle belle saison l'Automne à Essaouira ! Après les célébrations de la Marche Verte, 6 novembre et de l'Indépendance, 18 novembre, voici le mois de décembre et de nouvelles vacances pour la fin de l'année. A tous les lecteurs, visiteurs et résidents, l'équipe du GUIDO souhaite une bonne rentrée et un bon trimestre. .

Focus
à ceci près que cela a lieu tous les soirs ! Les familles et les amis se rendent visite et veillent tard le soir. Du coucher au lever du soleil, la vie nocturne est alors très intense et offre un spectacle insolite pour le voyageur La nuit du destin (Leïla Al Qadr) : 27° jour après le début du jeûne. La nuit d'Al-Qadr est une nuit d'une grande ferveur religieuse où les musulmans pieux passent la nuit à la mosquée à réciter les textes coraniques. . Le jeûne, qui concerne aussi bien la nourriture, la boisson, le jeu, les cigarettes que les relations sexuelles, commence à l'aube et dure jusqu'au coucher du soleil. Autant dire qu'il faut être endurant pour le supporter tout au long de la journée. Mais la motivation est grande pour les croyants car c'est l'occasion de se faire pardonner tous ses péchés.Le jeûne mais aussi la fête.... Pour s'en faire une idée, on peut se dire que dans certains pays arabes, c'est un peu comme Noël en Occident, . LE RAMADAN . L'Islam est la 2ème religion du monde et la 2ème de France. Le mot Islam signifie Soumission en arabe et repose sur la croyance en un Dieu unique Allah. Le jeûne du mois de Ramadan est la quatrième des 5 règles fondamentales sur lesquelles l'Islam est édifié.L'obligation de jeûner a été instaurée pour les musulmans, dans la seconde année de l'Hégire, par la révélation de ce verset du Coran: «Ô les croyants! On vous a prescrit as-Siyam le jeûne comme on l'a prescrit à ceux d'avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété» (Sourate 2, verset 183). La période du Ramadan, 9e mois lunaire, est un mois sacré dans le calendrier musulman, puisqu'il s'agit du mois durant lequel le Coran a été révélé au Prophète Mohamed. Le jeûne est donc obligatoire durant cette période pour les hommes comme pour les femmes à partir de la puberté, exception faite des malades, des fous, des femmes enceintes ou allaitant, ou encore des voyageurs... Traditionnellement, le début du Ramadan est décrété lorsqu'un religieux aperçoit le premier croissant de lune, ce qui fait qu'il commence de façon décalée selon la situation géographique de chaque pays. Le premier jour est déterminé lors de la " nuit du doute " (leilat e-chek)Les calculs astronomiques permettent également d'en prévoir la date. Il se déplace dans le temps car il est lié à l'année lunaire, plus courte de onze jours. .

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LE RAMADAN . Elle est d'autant particulière, qu'elle vaut plus que mille mois.« Nous l'avons certes fait descendre (le Coran) pendant la nuit d'Al-Qadr.Et qui te dira ce qu'est la nuit d'Al-Qadr? La nuit d'Al-Qadr est meilleure que mille mois.Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l'Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre. Elle est la paix et salut jusqu'à l'apparition de l'aube. » (Sourate 97) Un seul acte d'adoration durant la « Nuit du destin » équivaut à une adoration de 83 ans ! L 'Aïd Al Fitr a lieu le premier jour du mois de Shawwaal dès l'apparition de la nouvelle lune et marque l'accomplissement de la longue période du jeûne. Al Fitr d'Aïd est une occasion de fête pour la communauté musulmane. Il est célébré traditionnellement pendant au moins les 3 jours suivants. Réjouissances, puisque le jeûne est terminé, mais c'est aussi le moment de faire preuve de générosité envers les pauvres. En effet, une aumône spécifique, appelée Zakât al-Fitr, est pratiquée juste avant la prière de l'Aïd. Elle permet d'une part de se purifier de tous les manquements commis durant le Ramadan, et d'autre part d'épargner aux pauvres en ce jour de fête la dure nécessité de mendier. . Ces pratiques se retrouvent dans toutes les communautés musulmanes qu'elles soient à Bruxelles, Paris, New York, Hambourg ou ailleurs. Pâtisseries prises d'assaut avant le ftour (rupture du jeûne), cafés bondés le soir et veillées religieuses dans les mosquées rythmeront, un mois durant, la vie de milliers de musulmans en Europe, marocains et turcs notamment, qui ont entamé le jeûne du ramadan. Les préparatifs pour ce mois d'abstinence sont visibles plusieurs jours dans les villes où la Communauté musulmane est fortement présente. Désormais, pendant tout un mois, l'approche de la rupture du jeûne sera synonyme d'achats frénétiques et de longues files dans les pâtisseries et les épiceries, ou chez le boucher habituel. De nombreuses familles préfèrent, elles, préparer à la maison les chbakia, briouates et autres douceurs qui donnent un parfum particulier à ce mois de jeûne. Ramadan est aussi un mois de charité, les nécessiteux étant pratiquement pris en charge par un réseau efficace de cafés tenus par des marocains et de mosquées qui offrent gracieusement le ftour et le shour aux plus démunis. Cet élan de solidarité, qui se répète depuis des années, procure un petit réconfort à de nombreux pauvres aux origines les plus diverses. Sylvie BRIGNON .

Festival
FESTIVAL DES ANDALOUSIES ATLANTIQUES . C'est à l'occasion de sa troisième édition, du 15 au 17 septembre dernier, que la ville d'Essaouira s'est de nouveau affirmée comme un modèle de tolérance et de partage. Créé sur l'initiative de la Fondation Alizés, l'Association Essaouira-Mogador et le gouvernement Autonome Andalou, le Festival des Andalousies Atlantiques souligne l'importance des relations entre le Maroc et l'Espagne, pays dont la culture méditerranéenne s'accompagne d'une ouverture sur l'Atlantique et les pays ibéro-américains. Des ateliers artistiques pour les enfants de la rue ayant été organisés quelques jours avant, ce sont de jeunes « souiris » démunis, accompagnés d'enfants venus de Bahia et d'Andalousie qui ont donné le ton, avec une parade pleine d'entrain sous le soleil couchant, emmenant les personnalités, de la plage à la place Moulay Hassan pour une ouverture de toute beauté. Ce message d'espoir délivré aux jeunes générations met l'accent sur la découverte d'autres cultures, sur le dialogue et la solidarité. Les grands interprètes de musique andalouse, Ahmed Piro, Bahâa Ronda et Abdessalam Sefiani étaient réunis pour un hommage au chanteur compositeur Salim Halali, décédé cette année, dans sa quatre-vingtième année, et dont les chansons sont si bien intégrées dans le répertoire populaire marocain, que les jeunes les fredonnent sans en connaître l'auteur. Ce « troubadour disparu d'une musique toujours vivante » (LE MATIN - n° 37 - 17 septembre 2005) demeure le représentant de l'humanisme qui imprègne l'esprit du Festival des Andalousies. .

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Les ARTISTES Ahmed PIRO : Grand Maître du "Gharnati" Abdeslam SEFIANI: Musique Andalouse Moderne Eva YERBABUENA: Danseuse de Flamenco TIERRA DE NADIE: Groupe originaire des Asturies AL MOURARIA: Groupe de Fado Portugais Françoise ATLAN : Grande culture Judéo-arabo-andalouse Bahâa RONDA: Disciple de Ahmed PIRO RIO LIVE: Groupe Brésilien Abderrahim SOUIRI: Natif d'Essaouira . FESTIVAL DES ANDALOUSIES ATLANTIQUES . Autour du patrimoine judéo arabe, les concerts se sont succédés, avec une ovation à l'orchestre Tierra Nadié et sa musique indienne, le flamenco magistral de Eva Yerbabuena et le Fado d'Al-Mouraria. Un silence religieux suivi d'applaudissements nourris, ont salué les interprétations de Françoise Atlan, accompagnée de Bajdoud, d' Abderrahim SOUIRI et des musiciens déjà cités, dans l'enceinte de Dar Souiri. Des centaines de spectateurs de toutes nationalités ont pu admirer fantasias et courses de chevaux organisées conjointement par la Société Royale d'encouragement du Cheval et la Direction de l'élevage. La présentation d'étalons des haras nationaux, sur la plage d'Essaouira soulevant également beaucoup d'intérêt. Dans la medina, la compagnie espagnole ANIMASUR, spécialisée dans l'animation infantile, théâtre de rue et formation, a mis en scène de drôles de géants, parcourant les rues sur leurs échasses à la grande joie des touristes et habitants de tous âges. Musique de qualité, courses et animations populaires n'ont pu faire oublier aux animateurs le thème principal de cette rencontre. La tenue du colloque « PATRIMOINE PARTAGE ET CULTURES METISSES : quel héritage et quel avenir ? », est la brillante illustration, s'il en est, que la ville d'Essaouira, comme par le passé, demeure un des bastions de l'universalité, contrant ainsi par son existence, l'indifférence du mondialisme, les divergences et le racisme. . Le Brésil était à l'honneur et les spectateurs « souiris » sont restés médusés par le show coloré du groupe brésilien RIO LIVE et de ses danseuses de Samba. Un splendide feu d'artifice venant clôturer une brillante 3° édition, avec la pleine lune pour témoin. .

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Sous leur règne les chanteurs étaient arrêtés et les instruments de musique détruits. La musique andalouse s'est alors camouflée derrière des cantiques à l'honneur du prophète, appelés madihs. A la chute de Grenade, (1492) cette musique connaît un nouvel essor: elle s'enrichit de l'apport des réfugiés grenadins dont la majorité vient s'établir au Maroc. Ce qui subsiste alors, provient de l'école de Séville. Avec la dynastie des Alaouites, Al-âla connût un renouveau alors qu'un mécénat important favorisait l'éclosion de nombreux talents. C'est en 1800 que parût un des premiers recueils de chants répertoriés. . DES SIECLES DE MUSIQUE . At-Tarab al-andaloussi plus communément appelée Al-âla, ou musique arabo andalouse signifie « enchantement provoqué par la musique andalouse ». Rien de moins étonnant lorsqu'on sait qu'elle était l'expression musicale de la très raffinée civilisation Hispano-maghrébine dont le Maroc est devenu l'héritier fondamental. La musique arabe a incontestablement influencé la musique espagnole, apparence toujours flagrante dans le flamenco, mais l'inverse est certain et l'existence de modes grégoriens nous rappelle que le chant des premiers andalous était inspiré de celui des chrétiens. Les chroniqueurs rapportent que c'est un musicien de grand talent, Ali Ibn Nafi, plus connu sous le nom de ZIRIAB, qui, fuyant Bagdad en 822, a introduit à la cour de Cordoue une nouvelle méthode de chant. Ce créateur a eu une influence décisive sur la musique andalouse. C'était un virtuose du luth et un esprit encyclopédique... son répertoire aurait compté dix milles chansons. Aujourd'hui encore sont pratiqués, le genre et la forme des anciennes noubas, avec leur rythme de base appelé mizan. Après avoir connu un grand succès sous les Almoravides,(1061-1147) la musique arabo andalouse fut complètement discréditée avec les Almohades (1147-1248) très puritains. .

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. DES SIECLES DE MUSIQUE . Au début du 20° siècle, des écoles sont fondées à Fès et à Marrakech qui dispensent, entre autres, l'enseignement de cette musique. Pour la première fois, des colloques sont organisés, pour étudier les moyens de sauvegarder le patrimoine musical andalou. Il semble que le caractère original de la musique arabo Andalouse ait été, dans l'ensemble, assez bien conservé, et davantage au Maroc que dans les autres pays. Elle demeure aux yeux des marocains, un art savant et raffiné dont ils sont fiers et auquel ils vouent une grande passion, car, sensibles à son charme, il leur rappelle aussi un passé glorieux. La musique andalouse marocaine, synthèse des traditions musicales arabes, berbères et espagnoles, est très différente de la musique orientale. Des efforts constants sont déployés pour la faire connaître, la diffuser et la sauvegarder, de nombreux festivals lui sont consacrés tant au Maroc qu'en Europe. La promotion des pratiques actuelles, consistant en l'usage d'instruments plus modernes et à de nouvelles interprétations, semble contribuer à la sauvegarde de ce patrimoine inestimable. Documentation:Daniel Eisenberg in journal of hispanic philology .

instruments
LES INSTRUMENTS DE LA MUSIQUE ANDALOUSE . LE RABÂB marocain est une vièle dont la caisse, étroite et bombée, peut être en bois de noyer, citronnier, cèdre, acajou, thuya ou encore en abricotier. La tête (ra's), rectangulaire, forme un angle droit avec le corps. Deux grosses chevilles de bois servent à régler la tension des deux cordes faites en boyaux. La partie supérieure est très souvent finement décorée. Le bois est ajouré ou incrusté de nacre, d'ivoire, de métal ou d'os en forme de rosaces, palmettes ou fleurs de lys. On peut trouver également une fine lisière de motifs géométriques en marqueterie. la partie inférieure, moins longue, est en peau de chèvre ou en parchemin. Deux ou trois paires d'ouïes sont situées sur les côtés de la caisse. L'archet du rabâb est petit, assez lourd, en forme d' arc très marquée. La tige est en fer ou en bois parfois décoré, la mèche en crins de cheval. Le rabâb, par sa puissance et sa sonorité particulière, est aisément reconnaissable au sein de l'ensemble. Par sa nature de basse, il joue un rôle de soutien presque permanent. C'est également à lui qu'est assignée la responsabilité de lancer les débuts de phrases instrumentales et chantées. Il assure aussi les transitions durant lesquelles on peut l'entendre seul, à découvert. . LE TÂR est un tambour sur cadre circulaire, ouvert à une extrémité et recouvert de l'autre par une fine peau de chèvre. Le cercle ou corps de l'instrument, en bois de hêtre, cèdre ou micocoulier, peut être décoré de motifs géométriques. Il est percé généralement de cinq rangées d'ouvertures où se fixent des cymbalettes en cuivre, laiton ou argent, d'un diamètre de cinq à six centimètres. L'instrumentiste tient le târ dans la main gauche, entre le pouce et l'index, le pouce étant passé à l'intérieur du cadre. Le majeur et l'annulaire actionnent les cymbalettes, également mises en mouvement par le jeu du poignet. La responsabilité du joueur de târ est capitale, c'est à lui que revient le rôle de déterminer et de maintenir le tempo ainsi que de gérer les accélérations. LE 'ÛD est un luth à manche court appelé au Maroc 'ûd ramal (du nom du mode ramal ou mode de ré qui caractérise son accord). Luth de la musique arabo-andalouse par excellence, il est muni de quatre choeurs (cordes doubles). Le 'ûd se tient posé sur les genoux de l'instrumentiste. Ce dernier tient le manche dans la main gauche et pince les cordes à l'aide d'un plectre dans la main droite. Le 'ûd possède une double fonction d'accompagnement et de soliste, un double rôle harmonique et mélodique. .

Calligraphie
contiennent des figurations de personnages. La calligraphie arabe, s'exprime par une très grande diversité de styles; ces derniers ont été définis avec beaucoup de rigueur, en mesurant les proportions des lettres de l'alphabet. Les calligraphes arabes écrivaient à l'aide d'un tube de roseau ou qalam, taillé en biseau avec un bec fendu jilfa conservé dans un plumier (miqlama). La partie gauche du bec est nommée insi (humain), la partie droite wahshi (sauvage). Chaque type d'écriture exige un type de qalam particulier. Ouverts, sculptés, fendus et finalement coupés, chaque étape précise le style graphique que les qalams offriront. Chaque aire culturelle arabo musulmane et chaque dynastie a perfectionné le tracé des lettres arabes. Surtout les copistes qui ont fixé par écrit les textes religieux, car aucune écriture n'est trop belle pour transcrire le Livre Saint et les paroles du Prophète. . LA CALLIGRAPHIE ARABE Sylvie BRIGNON . Désignée en arabe par le mot khatt, la calligraphie est une activité quasi religieuse, dûment réglementée. Signifiant étymologiquement, l'art de bien écrire. le mot provient des radicaux grecs kallos (beauté) et graphein (écrire). Presque toutes les civilisations qui pratiquent l'écriture ont développé un art de la calligraphie. Seules certaines d'entre elles l'ont élevé à un statut particulier. Dans l'univers musulman, l'Art de la calligraphie domine. A la fois, outil de communication et expression artistique, la calligraphie a pris son essor grâce à l'Islam dès le 6° siècle (ap. J.C.). Dans les lieux sacrés et profanes, elle a pris place en parfaite osmose avec l'architecture arabo-musulmane. L'écriture arabe, comme l'hébreu, est issue de l'alphabet phénicien. Les premières inscriptions proprement arabes sont apparues en Syrie en 512 ap. J.C. Au 7° siècle, l'expansion prodigieuse de l'Islam répand l'écriture arabe en Afrique du Nord, en Asie Mineure, en Inde et en Chine orientale. Pour les musulmans, l'écriture a un caractère sacré. En raison de l'interdit religieux de représenter le visage de Dieu ou celui du Prophète, la calligraphie devient l'élément décoratif essentiel des mosquées et autres monuments. Elle constitue la base de l'art des arabesques. Au cours de son histoire, l'écriture arabe a beaucoup évolué, s'adaptant aux supports et aux usages. En revanche, les manuscrits persans (langue indo-européenne et non pas sémitique, mais transcrite dans l'écriture arabe) . de Sylvie BRIGNON .

Calligraphie2
MOHAMED ZOUZAF, habite et travaille à Essaouira. Il s'appuie sur le graphisme et la symbolique traditionnelle. Son oeuvre fait plonger le spectateur au coeur d'un monde mystérieux. ELKESS HASSAN, né en 1957 à Essaouira. Influencé par ses racines GNAOUA, il a été l'un des pionniers de l'écriture sur peau de chèvre. NAFIÂA AMTHQAL, habite à Essaouira où il expose régulièrement ses oeuvres. RACHID AMARHOUCH, peintre marin, né en 1966 à Essaouira. TIFARDINE BOUSTANE ROCHD . LES ARTISTES CALLIGRAPHES D'ESSAOUIRA . Travaillant sur papier, toile, peau ou bois, les artistes plasticiens d'Essaouira offrent une palette d'oeuvres représentant divers courants et de langages créatifs différents. Calligraphies finement tracées, productions plus libres assorties à l'emploi de motifs géométriques, de signes, de symboles, peintures aux couleurs spécifiques des berbères, bleu, rouge, jaune ou vert, monochromie du henné ou de l'encre à base de noir de fumée et de carbone, de noix de galle, de gomme arabique, encres traditionnelles ou encres chimiques: les lettres, les motifs colorés et riches des particularités de la cité, portés et brassés par les alizés viennent se poser sur leur support en de superbes compositions inspirées. Ces artistes font de l'art calligraphique des tableaux originaux et uniques; ce savoir ancien, ancestral, art d'habiller les mots, n'en finit pas d'évoluer. .

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. INSTANTS SOUIRIS . Il est encore tôt mais, déjà, la plage se peuple. Les premiers rayons du soleil accueillent les mères et leurs enfants, les touristes assoiffés de lumière et de chaleur, les promeneurs méditatifs ou romantiques, la ville entière semble s'y être donnée rendez-vous. Ce matin les alizés ne se sont pas levés, épuisés par leur violence de la veille. Il est toujours singulier de voir une plage où certains, nombreux, restent debout, à discuter en petits cercles comme au souk; et ces baigneurs qui s'avancent dans l'eau en une longue chaîne perpendiculaire au rivage, en grappes vers le bord, en lignes vers le large. Les mouettes n'en sont nullement gênées. Plus loin sur la plage, masse rocheuse chavirée sur le sable, un bateau semble échoué. Proue dressée et poupe enfoncée, chaque saison davantage, dans la dune, c'est le vieux fort portugais. Cachette pour amoureux, château pour chevaliers, voilà la citadelle éternelle et secrète des rêveurs de Mogador. Mes pas me poussent au-delà de la corniche, là où les dunes deviennent océan. La mer a repris ses coquillages, trésor déposé par la marée précédente. Seuls des assemblages de bois flottés aux étranges allures s'entassent, sublimes, parfois lilliputiens, surprenants, grotesques ou délicats petits êtres, sculptures des plages; de multiples reliquats de filets de pêche les enserrent, présents couleur de terre et d'océan; viennent s'y entremêler les coquilles des araignées de mer, rejetées par les bateaux, et les galets multicolores rongés par les assauts des vagues et du sable, lisses et doux. Je croise un homme, besace démesurée en bandoulière, tête baissée qui traque l'objet improbable ou l'étonnante décoration naturelle. Son regard balaie la plage inlassablement, identique à l'enfant qui traque le coquillage, jaune, blanc, rond ou long, le bout de verre ou de céramique qui viendra combler ses bocaux, le nez sur ses pieds, le dos bruni par le soleil. Parfois son visage s'anime d'un sourire. Déjà, il sait où l'objet se placera. Sylvie BRIGNON. .

Balade
BALADE EN PAYS HAHA . A la sortie d'Essaouira en direction d'Agadir, une route sinueuse traversée par l'Oued Ksob, nous amène à Ghazoua puis Essaouira-El-jadida (Essaouira la nouvelle). Une « patte d'oie », à prendre sur la gauche nous conduit alors vers Ounagha et Marrakech. Cette route vallonnée offre une vision bucolique, parsemée d'arganiers, de maisons solitaires ou hameaux, déposés miraculeusement dans de petits creux ou accrochés aux douces collines. Sur ce trajet, que nous nommons « triangle », soudain, quelques chèvres gourmandes, curieusement perchées sur les branches, savourent les fruits d'arganiers. Quelques kilomètres plus loin, sur la droite, une petite route mène à Ida Ougourd ou « Souk-el-arba » qui signifie le souk du 4° jour. Ida Ougourd se situe en légère altitude, lui donnant une vue panoramique sur les terres ocres des alentours. . La région a une beauté particulière, contraste saisissant entre les dunes et l'océan. Les hauteurs du souk offrent un magnifique point de vue sur les environs. Pour accéder au plateau qui domine le village, deux volées de marches plates, jalonnées de petits ânes aux bats colorés. Plutôt somnolent durant la semaine, le village s'anime le mercredi matin quand le souk bat son plein. Les activités sont réparties en quartiers . Celui des coiffeurs, installés sous leurs tentes, étalages d'épices à l'odeur enivrante, légumes multicolores, nattes, paniers, métal de récupération, jarres en caoutchouc...Il y a du monde mais on ne s'y bouscule jamais, le calme est de rigueur. Tôt le matin, sur les chemins de terre et les routes, les taxis, charrettes, piétons, ânes convergent dans cette direction. .

Café
HISTOIRE DE MOTS . CAFE aura parcouru un long chemin avant de nous apparaître vers 1600 sous diverses formes. Emprunté au turc qahwe, lui-même repris à l'arabe qahwa, qui selon Littré, désigne la boisson, non la graine, et signifierait à l'origine «liqueur apéritive». La forme actuelle café apparaît (1665) sous les graphies cafeh, puis caphé, formes utilisées par les Turcs. L'italien des ambassadeurs vénitiens, caveé (1570), caffé (1615), a pu aussi servir d'intermédiaire. L'usage du café s'est répandu à Marseille dès avant 1660, puis à Paris, où la suite de l'ambassadeur turc (1669) l'acclimate en en proposant à tous ses visiteurs. La mode, que certains ont cru éphémère, se développe et plusieurs boutiques en vendent à Paris, dès 1671. La forme dominante du mot hésite alors entre café, caffé et caphé ; la première l'emporte à la fin du XVIIe siècle. Après avoir nommé cabaret de cavé (1662), puis cabaret de café ou encore salle de caffé et salon de café, un lieu public où l'on vendait cette boisson, le mot s'applique seul par métonymie à ces lieux. Café est aujourd'hui le mot le plus neutre et demeure très usuel, en concurrence avec bistrot; Il a longtemps conservé par rapport à ses concurrents tels que brasseries, bar, mastroquet et autres mots plus familiers encore..., une connotation bourgeoise et urbaine; il s'est diffusé en tous milieux au 20e siècle. . Le café, au gré des mutations, sera devenu littéraire, politique, souvent associé à des spectacles divertissants, mais surtout, et avant tout, lieu de rencontre. Ainsi, de nos jours, café ne fait plus qu'un, breuvage ou havre de repos, art de vivre et fenêtre ouverte sur les autres. Dans les pays musulmans en particulier, le café a une fonction extrêmement importante pendant les Fêtes du Ramadan. « Le comptoir d'un café est le parlement du peuple. » Honoré de Balzac. Sylvie BRIGNON .

cuisine
Temps de cuisson 2 heures. Ingrédients pour 6 personnes : 1 cou de poulet 2 oignons 2 ailerons de poulet 1 petit bouquet de persil 200 g de mouton 1 petit bouquet de coriandre 4 tomates 100 g de lentilles 20 g de beurre 1 pincée de safran 1 citron sel, poivre 2 cuillères à soupe de farine . LA HARIRA . . C'est la soupe nationale. Pendant les 30 jours du mois de Ramadan, chaque maison prépare ce potage parfumé, imprégnant les rues de son odeur à l'heure du coucher du soleil. Essayez cette soupe délicieuse accompagnée de dattes et de gateaux au miel, pour un repas du soir complet. Cette recette se prépare en 2 temps: 1 - Le bouillon Découper la viande de moutons en petits morceaux et la mettre dans une marmite. Ajouter le cou et les ailerons de poulet, les lentilles nettoyées, les oignons émincés et le safran. Couvrir d'eau froide salée et poivrée, environ un litre et demi. porter à ébullition, et laisser cuire une heure et demi à petits bouillons. 2 - La Tédouira. Mettre un litre d'eau à bouillir dans une deuxième marmite. Y plonger les tomates en cubes. Ajouter le beurre et le jus d'un citron. Faire bouillir 20 minutes. Délayer la farine dans un peu d'eau et l'incorporer au bouillon. Bien mélanger. Hacher finement le persil et la coriandre et les ajouter à la préparation. Laisser mijoter quelques instants. Ajouter dans cette marmite la soupe aux lentilles et à la viande obtenue précédemment. Laisser cuire à petit feu pendant une dizaines de minutes. Servir chaud. .