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(Dernière mise à jour du site le: 15-02-2008)
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Sommaire
SOMMAIRE N° 9 . . . . EDITO FOCUS L'Aïd el Kebir REPORTAGE Le Thuya : Artisanat d'exception EVENEMENTS MOGADOR A l'Honneur Commémoration HISTOIRE Le Mellah INSTANTS SOUIRIS HISTOIRE DE MOTS BALADE SOUS LES ALIZES LA CUISINE MAROCAINE . . .

Aïd.el.kebir
LA FÊTE : L'AÏD EL KEBIR . . Elle est la seconde grande fête du calendrier musulman, célébrée à la fin du pèlerinage annuel à la Mecque, soit environ 70 jours après la fin du ramadan. De son autre nom, Aîd-el-Ahda, elle rappelle le sacrifice demandé par Dieu à Abraham (le Prophète Ibrahim chez les musulmans). Ce dernier avait accepté d'immoler son fils mais sur ordre divin le remplaça au dernier moment par un bélier. C'est ainsi que dans l'Islam, le sacrifice rituel d'un ovin. symbolise l'obéissance à Dieu, la grâce divine et le devoir de partage. Le Jeûne du 9° jour du mois de l'Aïd El kebir n'est pas obligatoire mais entraîne l'absolution des péchés de l'année écoulée et de l'année en cours. Il est interdit par contre de jeûner dans les deux jours qui suivent le jour de la fête. Chaque année, les familles égorgent un ou plusieurs moutons, ou en achètent un morceau selon leurs moyens. La tradition musulmane exige un partage avec les nécessiteux.. . Une semaine avant la fête, les préparatifs donnent lieu à une activité intense dans les marchés aux moutons mais également les super marchés, les commerces et les souks. Les rémouleurs sillonnent les villes et les douars  (hameaux) pour proposer leurs services. Les routes sont encombrées de camionnettes, voitures, vélomoteurs carrioles et mulets transportant leur charge bêlante. Au Maroc, ce sont environ 5 millions de moutons qui sont sacrifiés pour l'occasion. L'Aïd El kebir ne fait pas partie des cinq piliers de l'islam, mais c'est une grande fête religieuse et familiale, l'occasion de se rencontrer en ville ou au bled, et de partager de gais et abondants repas.Aux carrefours de la ville, on peut voir de grands braseros allumés où rôtissent des têtes de moutons à la grande joie des enfants ! En attendant, familles et badauds échangent les nouvelles du quartier ! C'est aussi la seule période de l'année où boutiques et commerces en tous genres ferment leur porte, parfois pendant plusieurs jours. Les amoureux de la médina, en profitent pour découvrir des ruelles désertées, une architecture ignorée, des rais de lumière sous les voûtes transfigurées, et qui sait, au gré de leur balade, se voir offrir les brochettes de foie par de joyeux Souiris. . .

Edito
. . EDITO . . Les échos des fêtes de fin d'année, et de l'Aïd El kébir retentissent encore et nous vous présentons nos voeux les plus chaleureux avec cette première édition de l'année. Nos pages, ce trimestre, vous parlent d'un passé proche et lointain, avec des articles sur : le Mellah dont l'histoire se confond avec celle de la ville et qui attend patiemment d'être réhabilité ; Le Thuya et son artisanat mondialement connu. Délaissé par les surfeurs et autres amateurs de vent, notre littoral vous offre de splendides balades ensoleillées en ce doux hiver Souiri. Promenez-vous avec nous à Sidi Kaouki et Moulay Bouzerktoun. Le nombre annuel de visiteurs dans notre région présente une hausse de soixante pour cent depuis le début du siècle. Rien de plus normal donc que la Fédération Nationale du Tourisme ait tenu à Essaouira, ses Troisièmes Assises Nationales, du 2 au 4 décembre 2005. Notre cité, si calme et traditionaliste qu'elle soit, ne cesse d'évoluer pour mieux accueillir ses visiteurs. Ainsi de grands projets sont en cours, comme l'extension de l'aéroport, l'élargissement à 4 voies de la route Marrakech Essaouira ou encore la création d'une station balnéaire incluant un golf à Diabat. En cette calme saison cependant, rien n'empêchera les mouettes et autres goélands de tourbillonner, les pêcheurs de nous approvisionner en délicieux fruits de mer, les mimosas de refleurir à l'entrée de la ville, les artisans de façonner, les artistes de créer, la médina de proposer tous ses attraits........... Essaouira, de nous envoûter! .

Le.Thuya
. . ARTISANAT D'EXCEPTION . . Avec la disparition des orfèvres juifs, c'est désormais le travail du bois qui fait la prospérité et la réputation des artisans de la ville, renommée aujourd'hui internationale. Le thuya servait autrefois à la fabrication des plafonds dans les riches maisons des caïds et négociants de Mogador. En entrant dans les salons les visiteurs étaient surpris par l'odeur raffinée qui s'en dégageait. La marqueterie fut créée au début du 19ème siècle. Le bois de thuya, aussi appelé callistris ou arar est relativement rare donc très recherché. Il ressemble à celui du genévrier et du cyprès. Un parfait polissage en renforce l'aspect doux et précieux. Les artisans utilisent en général les racines de l'arbre, naturellement sculptées de motifs par la nature. Ils incrustent les objets de bois de citronnier, de nacre, d'acacia, de bois d'ébène, d'ivoire, d'os de chameau ou encore de fils de cuivre ou d'argent. Les dessins pratiqués, appelés «khotta », sont de formes géométriques. Malgré la présence d'une petite plantation encore très jeune et interdite à l'exploitation aux portes de la ville, on ne rencontre pas de forêts de thuya aux environs immédiats d'Essaouira mais la région en compte environ 90000 hectares. . Le Thuya de Berbérie pousse aussi dans les régions d'Agadir, de Taroudant de Khemisset, et surtout d'Oujda. Cette espèce résineuse se trouve dans les zones de forêts sèches qui recouvrent la quasi-totalité des régions de basses et moyennes altitudes, au nord des Atlas. Elle côtoie chênes verts, chêne-lièges, kermès, oliviers, pins d'Alep et du Maroc... Les souches et les troncs sont acheminés jusqu'à la médina où ils sont répartis dans des dépôts de bois ainsi qu'à la coopérative des marqueteurs. C'est ici que les artisans viennent s'approvisionner. Les entrepôts de bois se situent dans le quartier industriel de la ville nouvelle, du côté de la gare routière. Le bois y arrive brut. A la coopérative, au centre de la médina, il est débité pour la vente au détail. Chaque morceau de bois est marqué et seules les personnes habilitées peuvent en faire le commerce. La rareté de ce bois en fait une ressource naturelle dont l'exploitation est réglementée. Le service des eaux et forêts est en charge de surveiller et limiter l'exploitation du thuya. Essaouira est célèbre pour son artisanat unique : l'ébénisterie ou marqueterie, plus particulièrement pratiquée sur la racine de thuya dont l'odeur envoûtante inonde la ville. Le tourisme en pleine expansion entraînant une surproduction et une exploitation massive et souvent illégale, le bois de thuya est menacé de disparition, et avec lui, les emplois que cette activité génère. . . LE THUYA .

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ARTISANAT D'EXCEPTION . . Ces dernières années, la production a explosé. Parallèlement les belles loupes se sont raréfiées et ont été soumises à réglementation. Cette situation particulière a entraîné une chute des marges des artisans dont la profession est aujourd'hui menacée. Le thuya est un arbre au bois très dur et presque tout chez lui peut être utilisé, à l'exception des branches. Le tronc, au bois relativement clair, la souche, réservée à la confection de petits objets et enfin la loupe. Cette excroissance très rare dont on ne connaît pas vraiment l'origine est très courue des ébénistes. Veinée de brun et de rosé, la loupe est polie, incrustée de motifs en citronnier, en nacre ou en ébène et parfois sertie de fil de cuivre ou d'argent ou d'éclats d'os de chameaux. Les maîtres marqueteurs réalisent des objets irrésistibles qui vont de l'utilitaire au décoratif : tables basses, coffrets, échiquiers, sculptures, plateaux et bols, bijoux, plumiers, barrettes à cheveux, porte-clés... . Creusées sous les remparts d'Essaouira, d'anciennes caches d'armes, les casemates, abritent d'excellents artisans, également répartis dans l'ensemble de la ville, ancienne et nouvelle. Les ateliers sont peu à peu remplacés par des « bazaristes » chargés de la revente. Le travail minutieux des ébénistes d'Essaouira est réputé depuis l'Antiquité et, selon Cicéron, les tables magnifiquement travaillées, fabriquées dans la cité étaient très prisées à Rome. La ville reste le royaume de la marqueterie. L'usage impose que la partie artistique du travail du bois (du gros oeuvre aux finitions) soit traditionnellement exécutée par les hommes. Il revient aux femmes et aux enfants de lustrer les produits finis. . .

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ARTISANAT D'EXCEPTION . . L'huile de lin nourrit le bois et l'empêche de se fissurer. Laissez vos pas vous porter dans les rues, pour une visite côté thuya, vous ne pourrez qu'être séduits par la gentillesse et l'accueil de ces passionnés du bois : chacun se fera un plaisir de vous montrer comment distinguer les différentes essences, vous parlera de son savoir-faire avec passion! . Les petits objets sont réalisés dans la racine. Cette partie du bois est plus foncée que le tronc, plus coûteuse également. On ne travaille pas la marqueterie sur la racine. Les artisans estiment que le bois de la racine est plus élégant sans. Ils y rajoutent parfois, éventuellement, des incrustations de nacre ou de métal. La nacre provient de ce coquillage assez rare qu'est l'ormeau. Elle est coupée à la tenaille, le travail en est extrêmement délicat. Pour la plupart des artisans, ce savoir-faire vient de leur père. Dans certaines familles d'Essaouira, on est menuisier ébéniste de père en fils. Certains travaillent depuis l'âge de douze ans : c'est le cas de Mohamed qui s'est découvert cette passion aux côtés de son père. Il fréquente dès l'âge de trois ans la boutique paternelle, puis passe tous ses congés scolaires à apprendre et regarder les hommes travailler. Scolarisé jusqu'à 22 ans, il intègre ensuite l'atelier pour faire de la marqueterie son métier. La passion anime ses propos et ses mains. Outils de bois aux manches patinés par des années d'utilisation, billots usés par le temps, l'atmosphère dans ces ateliers, inspire le respect. Mohamed, 34 ans, travaille dans son petit domaine de la rue Ibn Khaldoun dans le quartier de Chbanate.Lors de visites chez lui, il oeuvre à la réalisation d'une table gigogne, à trois éléments. Il mettra plus d'un mois pour la terminer. Patiemment, il incruste de minuscules baguettes de citronnier, jaune paille, et d'autres noires. . La plupart du temps les artisans utilisent (depuis les années 1975), du bois de citronnier grillé. Noirci, il ressemble de loin à l'ébène et peut produire les mêmes effets décoratifs. L'utilisation de l'ébène entraînerait une augmentation trop importante du prix de l'objet. L'aspect brillant est obtenu en lustrant l'objet avec de l'alcool à brûler et de la gomme arabique. . .

Evénements
. EVENEMENTS . . MOGADOR A L'HONNEUR Notre ville choisie par l'ONMT, a reçu les participants aux IIIéme Assises Nationales du Tourisme du 2 au 4 Décembre 2005. A cette occasion, Mr. Azoulay, Conseiller de sa majesté Mohamed VI et Président de l'association Essaouira Mogador, a mis l'accent sur les futurs projets destinés à désenclaver la cité des Alizés. Mondialement connue par son rayonnement historique et artistique, Essaouira mérite bien de devenir une destination à part entière. Ce sera chose faite grâce : -A l'extension de l'Aéroport prévue pour 2006, - A l'élargissement de la route Marrakech Essaouira à partir de Chichaoua - A la création d'une station balnéaire, située à la sortie d'Essaouira au niveau du village de Diabat, refuge de nos « hippies » des années soixante. Une zone résidentielle et hôtelière et deux parcours de golf de 18 trous y sont prévus. - Fidèle à sa réputation de destination « culturelle », la ville donne un nouveau rendez vous aux amateurs d'arts, à la fin de l'année 2006, avec l'organisation du 1° Festival MOGADOR SHAKESPEARE. . COMMEMORATION C'est à Aix les Bains, en août 1955, que se déroulèrent les négociations devant aboutir à la fin du protectorat français au Maroc. Les membres du « Makhzen » (gouvernement du sultan), le Pacha de Marrakech, les délégués du PDI, les membres de l'Istiqlal, les représentants des « Oulemas » (juristes et théologiens marocains) des français du Maroc et des communautés israélites furent reçus par le Président du Conseil, Edgar FAURE. Il fut décidé de former un Conseil de régence et d'accélérer la formation d'un gouvernement marocain représentatif. L'indépendance du Maroc sera signée quelques mois plus tard, le 2 mars 1956, après le retour De SM Mohammed V à RABAT. La ville d'Aix les Bains, liée à l'histoire moderne du Maroc a commémoré le 50ème anniversaire de cet événement historique en organisant une semaine marocaine où les villes de Fès et Essaouira étaient représentées. A cette occasion une fontaine en art traditionnel hispano-arabe a été offerte à la ville par les autorités marocaines et inaugurée par la princesse Lalla Hasna. Le Cinquantenaire de l'indépendance sera célébré à Paris, en mars 2006 et à Madrid en avril. .

Le.Mellah
. LE MELLAH D'ESSAOUIRA . . HIER, Le mot MELLAH sert à désigner le quartier juif dans les villes du Maghreb. C'est en 1850, bien après la fondation d'Essaouira que le Sultan Moulay Slimane fit agrandir la ville sur sa façade maritime Ouest. Cet espace qui couvre environ quatre hectares sur les trente que compte la médina, était destiné aux populations laborieuses, à dominance juive, venues plus particulièrement du sud du Maroc, attirées par la prospérité du port. Son rayonnement tenait en grande partie aux riches négociants juifs installés, dès sa création, par le Sultan Mohamed Ben Abdallah. Les juifs étaient commerçants, intermédiaires économiques et politiques ou représentants consultants des puissances étrangères. Toute une colonie de petits commerçants, artisans, couturiers, orfèvres, allait désormais animer le mellah. Si les notables juifs demeuraient dans les belles maisons de la Kasbah, c'est près de 15000 personnes qui vivaient dans le Mellah, faisant la renommée d'Essaouira par le dynamisme de leur artisanat , jusqu'au milieu du 20° siècle. Les communautés juives venues peupler la ville développèrent un savoir-faire dans l'orfèvrerie, ainsi que dans la broderie et la confection de somptueux caftans. Leur exode vers l'Etat d'Israël (à partir de 1948) entraînera la chute de ces secteurs d'activité. . . En 1864, des travaux d'aménagement eurent lieu : consolidation des murs, ravalement des façades, réfection des égouts... A Mogador, les cultures musulmane et juive se côtoyèrent dans une harmonie totale (La Medina comptait, au début du 20e siècle, pas moins de 38 synagogues officielles et une centaine de synagogues de famille) jusque dans les années 60, puis vint l'exode et le déclin de la ville et plus particulièrement de cette zone Nord Ouest. La transformation du littoral depuis l'édification des remparts d'Essaouira a probablement fait disparaître la plage qui existait devant le Mellah. (Plan de 1893). Les vagues de tempête assènent de véritables coups de butoir sur les remparts, les fragilisent et les anciennes maisons qui soutiennent les murailles menacent de s'écrouler. Le secteur le plus exposé correspond à la courtine Nord, directement baignée par la mer. Le quartier juif, abandonné par ses propriétaires et occupé par des migrants ruraux généralement pauvres offre un spectacle de désolation. .

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. LE MELLAH D'ESAOUIRA . . A la fin du siècle dernier, Essaouira est une ville ignorée des circuits touristiques du Maroc et mal reliée aux infrastructures nationales. La survie de la Médina, et plus particulièrement son quartier du Mellah, est menacée par les processus naturels et humains (surpopulation, fortes transformations socio-économiques, surexploitation de l'eau). Le centre de la vieille ville est attaqué par les infiltrations d'eau marine mélangée à des rejets chimiques polluants qui accélèrent l'état d'insalubrité et l'écroulement de certaines maisons. Les bâtiments historiques, anciens consulats étrangers, église portugaise, synagogues, tombent en ruines alors que les remparts face à l'océan ne sont plus entretenus. Le Conseiller de SM le Roi, Monsieur A. AZOULAY cherche alors à attirer la communauté internationale au secours de la ville; une université conviviale est créée annuellement. Depuis 1996, une antenne Agenda 21 mène des projets concentrés sur des activités interdisciplinaires. Il s'agit de renforcer le développement urbain, d'augmenter la participation du public à la gestion de la ville, de nommer les axes prioritaires d'action, d'offrir des formations dans des domaines spécifiques et de sensibiliser les populations. L'UNESCO se mobilise dès le début 1997, pour envoyer des experts de haut niveau dans divers domaines de compétences comme l'océanographie,la conservation du littoral, . . la restauration des bâtiments historiques et l'environnement socio-économique, afin d'établir un diagnostic technique sur les désordres urbains de la Médina d'Essaouira. Celle-ci obtiendra sa nomination en décembre 2001 sur la liste du Patrimoine mondial de l'humanité. AUJOURD'HUI, Bon nombre de maisons et bâtiments historiques sont restaurés, seul le Mellah surpeuplé, reste dans un état avancé de délabrement. Les premiers travaux pour la consolidation et la restauration des remparts ne commencent réellement qu'en 2003, pour protéger la vieille ville des attaques de l'océan. Plusieurs familles sont relogées afin de rendre le quartier plus salubre. En 2005 une vaste opération de déblaiement des gravats est effectuée avec le concours de la population et des institutions locales. Pour faciliter la réintégration du Mellah à la Médina, les autorités projettent l'ouverture d'un passage entre la rue du kuweit et la rue Quaraouine. .

Le.Mellah3
. LE MELLAH D'ESSAOUIRA . . DEMAIN, la Communauté Israélite de la ville a mis à disposition de l'Association Essaouira Mogador, un bâtiment au n° 37 rue Mellah pour en faire une « MAISON DE QUARTIER ». Ce projet est l'aboutissement d'un long processus de discussion entre la commune d'Etterbeek (Belgique) et la commune d'Essaouira dans le cadre d'Agenda 21. Il est destiné à dynamiser la population en jouant un rôle de coordination et de promotion du développement local. Structure comportant entre autres: bibliothèque, espace loisirs, centre d'orientation, atelier de formation, salle polyvalente de réunions ; elle a pour mission de ranimer l'un des quartiers autrefois les plus actifs de la ville, qui a largement contribué par le passé à la réputation de notre cité. . Aujourd'hui, Essaouira offre un lieu de villégiature et de tourisme hautement recherché et connu du monde entier. Pour la sauvegarde du Mellah, les consultations pour la recherche de fonds se poursuivent sans relâche, afin d'assainir et de réhabiliter cette importante partie du patrimoine de la Cité. . .

Instants.Souiris
. INSTANTS SOUIRIS . . Là haut, un univers animé se synthétise, écho à celui de la rue : chants, palabres, secrets, cris, gestes quotidiens, linge qui bat au vent, vapeurs alléchantes de cuisine. Les mots s'infiltrent puis s'envolent. Ici un coq chante à longueur de temps le lever du jour. Là un chien accroché à sa corde se résigne. Un brasero annonce le repas prochain. Des bassines ou antiques chaises s'entassent. Les forêts de paraboles dominent la cité. Des petits goélands espèrent leur pitance, nichés au creux de cagettes délaissées. Les chats rôdent. Un palmier pointe le bout de ses palmes au milieu de cet enchevêtrement de béton. Où que mon regard se porte j'aperçois la silhouette d'un minaret dominant tous les autres édifices. Suspendue dans les airs, portée par des milliers d'oiseaux marins, la belle forteresse s'étend sous le coucher du soleil hallucinant de couleurs et de beauté nostalgiques. Les toits se vident, la vie se tait. Ne persistent que le bruit de l'océan et la cacophonie des oiseaux. Ici les mouettes ne dorment jamais. Sylvie BRIGNON . J'ai poussé la lourde porte de cèdre. Mes pas m'ont cette fois porté loin dans le ciel d'Essaouira. De terrasse en terrasse. Paysage ouvert à l'architecture horizontale. Toute la dimension de la ville prend sa valeur, déposée sur les dunes, bordée par l'océan et sa ceinture verte : une contemplation de l'espace, perception visuelle, sensorielle et esthétique, loin des ruelles sinueuses de la Médina. Chaque jour, la vaste mise en scène d'une société exubérante et tendre s'instaure. Lieux emblématiques, les terrasses résument à elles seules des éléments entiers de la cité. Souvent réservées aux femmes et aux enfants : clan fermé. Ici elles respirent et parlent librement. .

Histoire.de.mots
S M A L A . . Smala fait partie des mots dans un registre familier voire argotique tels que flouze, maboul, clebs, barda, nouba...ces mots sont contemporains de la colonisation française de l'Algérie. La France a été présente en Afrique du Nord depuis le 19e siècle, et ses soldats, légionnaires et mercenaires indigènes (tirailleurs sénégalais, méharistes, harki) ont acclimaté beaucoup d'expressions savoureuses dans le langage populaire de la mère patrie. Smala désigne la réunion de tentes qui abritait la famille et les équipages d'un chef arabe. Le mot se dit par analogie pour « famille nombreuse » souvent dans :... « et toute la smala ! ». Le sens (1907) de « suite nombreuse qui vit au côtés de quelqu'un » est familier et péjoratif. La smala caractérise la famille étendue d'un personnage arabe, y compris sa famille, son mobilier ses serviteurs, ses soldats, ses troupeaux et ses biens . Smala est emprunté (1847, Hugo), aussi sous la forme smalah (1842), à l'arabe d'Algérie zmalah, « famille, maisonnée », en arabe classique zamala « réunion de tentes autour de celle d'un chef » : le mot a été introduit en parlant de la prise de la Smala d'Abd-el-Kader. « Durant la conquête de l'Algérie, le 16 mai 1843, un escadron de 500 hommes commandé par le duc d'Aumale enlève la smala d'Abd el-Kader. La smala est une véritable ville itinérante de 30.000 personnes, essentiellement composée de femmes, d'enfants et de serviteurs. L'escadron est tombé sur elle par hasard au cours d'une expédition de reconnaissance. Le duc d'Aumale, qui est le propre fils du roi Louis-Philippe 1er, fait 3.000 prisonniers et remporte un immense butin. . .

BALADE
. B A L A D E . . C'est ici, à Essaouira, le royaume du vent. La ville joue chaque automne et hiver, des prolongations balnéaires, ainsi que ses deux autres « spots » de sports de glisse (« spotologie » : science des meilleurs endroits où déroulent les meilleures vagues de « spot », « lieu » en anglais), dans une joyeuse polyphonie d'accents français et étrangers. Les « mordus » n'hésitent plus à tourner autour du globe pour chercher « le » vent ou « la » vague qui les comblera pour pratiquer les sports marins de glisse : surf, planche à voile ou kitesurf appelé encore flysurf. De véritables villages de camping-cars émaillent les côtes du Nord de la cité ainsi que celles du grand Sud marocain. . Avec des alizés puissants et réguliers, relayés de novembre à mars par d'autres vents, ces trois sports se pratiquent à Essaouira et dans deux villages voisins. La baie de la ville offre le « spot » niveau 1, le 2 et le 3 respectivement situés à Sidi Kaouki, et Moulay Bouzerktoun. Au village de Sidi Kaouki se retrouvent essentiellement les surfeurs et les flysurfeurs, les véliplanchistes confirmés se concentrent, quant à eux, sur Moulay Bouzerktoun réputé pour son niveau de difficulté. Ces deux bourgades délimitent la zone dunaire d'Essaouira, distants l'un de l'autre, par la côte, d'environ 54 Km. Cette activité fait largement appel aux jeunes marocains fanatiques amateurs, tant pour l'encadrement que pour la logistique des centres : les autorités locales, entendent quant à elles, favoriser ce tourisme dont les retombées économiques sont intéressantes pour la population. SIDI KAOUKI, UNE PLAGE DANS LE VENT L'arrivée sur Sidi Kaouki est un pur bonheur pour les sens : la mer déroule ses vagues bleues, vertes ou grises selon le temps. Sur la plage, le regard porté au nord vers le cap Sim, s'arrête sur le village de Tagenza que l'on n'aperçoit qu'à marée basse de la plage. . SOUS LES ALIZES .

BALADE2
. B A L A D E . . Vers le sud, l'étendue sableuse, court sur plusieurs kilomètres, traversée par l'oued Tidzi, interrompue par une falaise de roche jaune, puis se poursuit sans limite vers le Sud. La large grève court à l'infini, vierge et sauvage, telle qu'au matin du monde, recouverte parfois entièrement par l'assaut des vagues de la marée montante. Le doux djebel semi pelé tombant dans l'Atlantique est constellé d'une multitude d'épineux vert noir, qui se laissent brouter par d'audacieuses chèvres grimpées sur leurs troncs rugueux, jalousés par les dromadaires ; ce sont les arganiers, espèce endémique et emblématique du Sud-ouest marocain. . Un marabout, à l'étrange architecture, monte la garde au nord de cette vaste étendue sableuse, doublé par les éoliennes à quelques dizaines de mètres de la grève : anachronique décor. Un pèlerinage y a lieu tous les ans au mois d'août : c'est la que l'on coupe, pour la première fois, comme le veut la coutume, les cheveux des enfants berbères pour que la « baraka » soit avec eux. Les pèlerins s'y rendent pour y trouver fécondité, richesse, pêche fertile ou dons artistiques. On ne s'allonge pas sur cette plage, merveilleux terrain de jeu entre mer et dunes, ou alors en bordure, ou seulement quand le vent en est totalement absent. Pour certains, le plaisir souverain sera les grandes virées à pied ou cavalcades à cheval sur la plage toujours différente, quatre fois par jour remodelée par la marée et le vent. Pour d'autres, le ravissement sera celui des vagues. Les petites planches de flysurf, ou kitesurf (« kite » : cerf-volant en anglais) filent sur les flots avant de s'envoler dans les airs, papillons multicolores, pour aller chercher le plus haut possible la formidable réserve d'énergie du moindre souffle. Images fascinantes que celles de ces acrobates suspendus dans les airs qui se jouent des éléments. . SOUS LES ALIZES .

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. B A L A D E . . Une sensation de liberté exceptionnelle pour les adeptes de ces « oiseaux flottants ». Les surfeurs occupent les quelques hôtels du village, l'espace réservé aux camping-cars, ou plantent leurs tentes sur le rivage dans un camping semi sauvage prévu à cet effet. Afin de les protéger, le stationnement des véhicules, ainsi que le camping sauvage, a été interdit dans les dunes en 2004. Le village a vu, ses derniers temps, des aménagements hôteliers s'opérer. Pour se rendre à Sidi kaouki, prendre la direction d'Agadir à la sortie sud d'Essaouira . Moulay Bouzerktoun : Vol au dessus des vagues C'est ici que se concentrent les meilleurs véliplanchistes. Le vent y souffle plus fort encore que dans le village de Sidi Kaouki ou Essaouira. Un merveilleux ballet aérien se joue, spectacle hallucinant de légèreté chamarrée et de performances sportives. Certains jours, des dizaines de planches se partagent l'océan, le vent et ses caprices. Le village semble être quasiment inhabité, peu d'animation y règne : seuls quelques enfants viennent vendre des bonnet de laine tricotés main. De rares barques de pêcheur, échouées sur la petite plage au nord du village espèrent un vent plus clément pour sortir. Certaines maisons ont été délaissées, le village ne reprendra réellement vie que lors du pèlerinage circulaire des Regraga, rite solaire qui commence avec l'équinoxe du printemps : le moussem de Moulay Bouzerktoun en est une des étapes. La petite mosquée et son marabout éclatant de blancheur surplombant la mer en sont témoins chaque année. Le village se trouve à 27 Km d'Essaouira, sur la route côtière de Safi. Sylvie BRIGNON . SOUS LES ALIZES .

cuisine
. LA PASTILLA AU LAIT . . Faire bouillir le lait avec le sucre, y mélanger la poudre de riz et l'eau de fleur d'oranger, ajouter le beurre et laisser épaissir légèrement puis retirer du feu et laisser refroidir. D'autre part, hacher les amandes (grille gros trous), y mélanger ½ verre à thé de sucre en poudre et réserver. Prendre la pile de feuilles de ouarka (ou bricks), en découper soigneusement le rebord de manière à former un cercle régulier. Décoller les feuilles 2 par 2 et les dorer rapidement dans poêle à l'huile bouillante et égoutter. Une demi-heure avant de servir, mettre les feuilles de bastela bien dorées à étuver au four très doux pendant ¼ d'heure et les retirer. Dans le plat de service, placer trois feuilles, saupoudrer d'amandes pilées, recouvrir d'une ou deux feuilles, verser dessus, un peu de préparation au lait refroidie et recommencer la même opération, feuilles amandes, lait, jusqu'à épuisement. Verser une dernière couche de lait bien lié à la surface et servir aussitôt. . . Ingrédients : 1 lite ½ de lait - 4 cuillérées à soupe de poudre de riz - 50 gr. de beurre - 20 morceaux de sucre - 1 verre à thé d'eau de fleur d'oranger - 250 gr. d'amandes émondées, grillées et hachées (non mixées) - 30 feuilles de « ouarka » ou briques - huile de friture .